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  • L’eau et la vigne : quand irriguer devient une affaire de précision

    L’eau et la vigne : quand irriguer devient une affaire de précision

    ⏱️ Temps de lecture : 9 minutes

    Été 2026. Entre le 17 et le 29 juin, une vague de chaleur précoce a poussé les sols de plusieurs régions françaises, notamment l’Aquitaine, l’Auvergne et Midi-Pyrénées, vers des niveaux d’assèchement parmi les plus élevés observés depuis le début des relevés en 1959. Fin juin, près de 80 départements étaient placés sous arrêté de restriction d’eau. Et cette fois, difficile de parler d’accident isolé : depuis 2001, selon le Ministère de la Transition Ecologique, la France a perdu près de 14 % de ses ressources en eau renouvelable et une part croissante du territoire subit désormais chaque année des mesures de restriction. Pour la vigne, la question n’est plus de savoir si la sécheresse reviendra, mais comment vivre avec.

    Or quelque chose vient de bouger : pas dans le ciel, mais dans le droit. Réuni les 17 et 18 juin 2026, le comité national des vins AOC de l’INAO a validé une orientation qui, il y a dix ans, aurait relevé de l’hérésie : renverser la logique même de l’irrigation. Passer d’une interdiction de principe assortie de dérogations à une autorisation encadrée, plafonnée à des volumes modestes. Le verrou n’est plus juridique. Il devient technique. Et c’est là que tout se joue : car irriguer la vigne aujourd’hui, ce n’est pas ouvrir les vannes. C’est apprendre à donner très peu d’eau, exactement au bon endroit, exactement au bon moment.

    UN DOGME QUI S’EFFRITE

    De l’interdiction au pilotage : ce que change l’INAO

    Pendant des décennies, l’irrigation de la vigne d’appellation a relevé du quasi-interdit. La logique était limpide : une AOC, c’est un terroir, et un terroir digne de ce nom impose sa contrainte hydrique à la plante. Arroser, c’était tricher. Le décret n° 2017-1327 du 8 septembre 2017 a entrouvert la porte : l’irrigation redevenait possible pour les AOC dont le cahier des charges intègre explicitement la possibilité de déroger à l’interdiction, sous réserve d’une demande annuelle de l’ODG (l’organisme de gestion de l’appellation) auprès de l’INAO, et dans une fenêtre calendaire stricte. À l’origine, seule une petite fraction des appellations françaises était concernée (88 sur 309 à l’époque du décret), les autres pouvant choisir de faire évoluer leur cahier des charges.

    Ce régime dérogatoire a un défaut majeur, que la filière connaît bien : la latence. Le temps que la demande remonte, que l’autorisation redescende, l’eau arrive parfois plusieurs jours après la date optimale, que la vigne ne rattrapera jamais. C’est précisément ce paradigme que l’orientation de juin 2026 entend renverser. Selon la directrice générale de l’INAO, Caroline Ly, l’idée n’est plus d’interdire sauf dérogation, mais d’autoriser l’irrigation avec un encadrement garantissant une consommation qui reste modeste. Un changement de philosophie autant que de procédure.

    Apporter de l’eau n’augmente pas le rendement, mais c’est essentiel pour maintenir le végétal en vie, avec des quantités qui ne sont pas si importantes.

    Caroline Ly, directrice générale de l’INAO (d’après ses déclarations à Vitisphère, juin 2026)

    Cette phrase contient tout le fil de l’histoire. Car là est la ligne de crête : un apport d’eau mal maîtrisé gonfle le rendement, dilue les baies, banalise le vin, exactement ce que l’AOC cherche à éviter. Bien maîtrisé, il maintient la plante en survie sans trahir le terroir. Et un dernier garde-fou demeure : quoi que dise l’INAO, la loi sur l’eau prime toujours. En pleine canicule, avec près de 80 départements sous arrêté préfectoral, une dérogation viticole ne vaut rien face à une restriction de crise. Le droit d’irriguer ne crée pas la ressource.

    Sous les étés méditerranéens, la contrainte hydrique n’est plus une exception mais une donnée structurelle.

    MESURER AVANT D’ARROSER

    La vraie question n’est pas d’arroser, c’est de savoir

    Si le verrou devient technique, alors le sujet cesse d’être « faut-il irriguer ? » pour devenir « comment piloter ? ». Et le pilotage commence toujours par la mesure. Rappelons le principe agronomique : la vigne aime une certaine soif. Une contrainte hydrique modérée à l’approche de la véraison concentre les baies, favorise le sucre et la qualité. Mais au-delà d’un seuil, le stress bloque la maturation, déshydrate les grappes, fait chuter le rendement. Toute la finesse consiste à naviguer entre ces deux bornes. Impossible à l’œil nu : il faut des données. Bienvenue dans l’irrigation de précision !

    Le sol : tensiomètres et sondes capacitives

    Première couche de données : l’état hydrique du sol. Deux familles de capteurs se partagent le terrain, et la distinction est plus qu’un détail. La sonde capacitive mesure l’humidité volumique, le pourcentage d’eau réellement présent dans le sol. Le tensiomètre, lui, mesure autre chose : le potentiel matriciel, c’est-à-dire la force que les racines doivent exercer pour extraire l’eau, exprimée en centibars ou en kPa. C’est souvent la mesure la plus parlante, car elle traduit directement l’effort demandé à la plante. Des acteurs comme Weenat proposent des kits de tensiomètres connectés répartis sur plusieurs profondeurs (typiquement 15-30 cm et 30-60 cm), dont les données remontent en temps réel sur une application, sans qu’il faille arpenter la parcelle. Le vieux tensiomètre à manomètre, qu’il fallait aller lire au champ, tend à disparaitre.

    La plante : la chambre à pression, mesure de référence

    Mesurer le sol, c’est bien ; mesurer ce que la plante en fait vraiment, c’est mieux. La chambre à pression (ou chambre de Scholander) reste l’étalon-or : on y place une feuille ou un rameau et l’on applique une pression croissante jusqu’à voir perler la sève, ce qui donne le potentiel hydrique de la plante, une lecture directe de son niveau de stress. C’est la référence des centres techniques et des conseillers, précise mais exigeante : appareil délicat, mesure ponctuelle, savoir-faire requis. D’où l’intérêt de la coupler à des capteurs de sol qui, eux, tournent en continu. La mesure plante calibre, les capteurs surveillent.

    Le ciel : télédétection et NDVI

    Changement d’échelle. Pour cartographier l’hétérogénéité d’un vignoble entier, car aucune parcelle n’a soif de façon uniforme, on lève les yeux. La télédétection satellite exploite l’indice NDVI (Normalized Difference Vegetation Index), qui renseigne sur la vigueur du couvert végétal et, indirectement, sur le stress hydrique. L’atout maître : les satellites Sentinel-2 du programme européen Copernicus fournissent une image tous les 5 jours, à 10-20 mètres de résolution, gratuitement. Le Groupe ICV et l’entreprise TerraNIS ont bâti sur cette base un outil de pilotage à grande échelle, capable de suivre l’évolution du statut hydrique parcelle par parcelle, et même de vérifier si le parcours hydrique correspond au profil de vin visé. Limite connue : la résolution ne descend pas au cep, et les nuages peuvent masquer une image. Là où il faut du détail, le drone prend le relais.

    Sonde connectée au pied de la vigne : la donnée avant la goutte.

    La logique de l’irrigation de précision est celle d’un empilement de couches complémentaires : le sol (tensiométrie, capacité), la plante (chambre à pression), le ciel (satellite, drone). Aucune ne suffit seule. C’est leur recoupement qui transforme une intuition, « la vigne a soif », en décision chiffrée : combien de mètres cubes, sur quelles parcelles, quelle nuit.

    Le cerveau : les outils d’aide à la décision

    Reste à faire parler toutes ces données. C’est le rôle des OAD, les outils d’aide à la décision, qui croisent capteurs, prévisions météo et modèles de bilan hydrique. Vintel, développé par itk, simule le parcours hydrique de la vigne. Irré-LIS, le modèle d’Arvalis, calcule les bilans pour de nombreuses cultures. Weenat propose Weedriq, qui projette à sept jours l’évolution de la tensiométrie à partir des relevés et de la météo locale. Autrement dit, il ne dit pas seulement « votre sol est sec aujourd’hui », mais « il le sera dans une semaine, anticipez ». C’est là que l’intelligence artificielle prend tout son sens : non pour arroser à la place du vigneron, mais pour prévoir la fenêtre d’action avant que le stress ne s’installe. L’irrigation cesse d’être une réaction pour devenir une anticipation.

    LA TECH AU SERVICE DU TERROIR

    Irriguer sans diluer

    Revenons à la ligne de crête. Toute cette instrumentation ne sert qu’un objectif : apporter le strict nécessaire, au moment précis où il fait la différence , souvent la nuit, autour de la véraison sans jamais gonfler le rendement. À l’outil de mesure répond l’outil de distribution, et là aussi la précision règne. Le goutte-à-goutte enterré, désormais autorisé en AOC, atteint une efficience de 90 à 95 % : l’évapotranspiration y est quasi nulle, chaque goutte va à la racine. Le coût n’est pas anecdotique, la Chambre d’agriculture de l’Hérault estimait l’installation d’un réseau aérien entre 2 000 et 3 000 €/ha, hors station de pompage, pour une consommation de 300 à 1 000 m³/ha, mais l’ordre de grandeur reste modeste au regard d’une récolte sauvée.

    C’est le seul qui permette d’apporter l’eau avec précision et efficacité.

    Hernan Ojeda, directeur de l’unité INRAE de Pech-Rouge, à propos du goutte-à-goutte

    Et l’irrigation n’est même pas toujours la première réponse. Avant d’arroser, on peut réduire la demande en eau : paillage des sols, hydro-rétenteurs, choix de cépages plus tolérants à la sécheresse, conduite du feuillage adaptée. La technologie de pilotage a d’ailleurs cette vertu discrète, en objectivant les besoins réels, elle révèle souvent qu’on peut irriguer moins que prévu. C’est peut-être le paradoxe le plus rassurant de cette histoire : bien mesurée, la soif de la vigne se révèle plus raisonnable qu’on ne le craignait.

    La France part de loin : elle irrigue une part bien plus faible de son vignoble que l’Espagne ou l’Italie, où l’arrosage de la vigne est banalisé car l’irrigation est historiquement intégrée aux pratiques viticoles dans de nombreuses régions espagnoles et italiennes. C’est un retard, mais peut-être une chance : celle d’arriver à l’irrigation à l’ère des capteurs et des satellites, avec les outils pour la faire sobrement dès le départ, plutôt que d’ouvrir les vannes d’abord et de compter l’eau ensuite. La sécheresse de 2026 n’est pas une parenthèse. L’irrigation intelligente n’est pas un gadget de vigneron geek. C’est, de plus en plus, la condition pour que le terroir survive à son propre climat, sans cesser d’être un terroir.

    Et chez vous ? Sondes, télédétection, OAD… si vous pilotez déjà l’eau de vos parcelles, racontez-nous vos retours d’expérience en commentaire. Et si ce décryptage vous a été utile, partagez-le autour de vous.


    Sources : INAO — comité national des vins AOC, orientation des 17-18 juin 2026 (via Vitisphère) ; décret n° 2017-1327 du 8 septembre 2017 relatif à l’irrigation des vignes AOC ; Météo-France et BRGM — bulletins sécheresse 2026 ; VigiEau (restrictions au 26 juin 2026) ; Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales (déclenchement de l’irrigation en AOP, juin 2026) ; Réussir Vigne, « Irrigation en viticulture : mode d’emploi » ; ICV / TerraNIS (pilotage par télédétection Sentinel-2) ; Weenat (sondes tensiométriques et OAD Weedriq) ; INRAE Pech-Rouge (Hernan Ojeda) ; Chambre d’agriculture de l’Hérault (coûts d’installation). Chiffres marché : projection de croissance de l’irrigation intelligente en France 2025-2031.

  • Le panorama viticole français : 16 régions, une seule obsession

    Le panorama viticole français : 16 régions, une seule obsession

    🇫🇷 Série · La Trinité Viticole · Article 1/15 · France

    ⏱ 5 min

    La France produit du vin depuis plus de 2 600 ans. Ce n’est pourtant pas l’ancienneté qui la rend unique — c’est la diversité.

    De l’Alsace à la Corse, de la Champagne à la Moselle, en passant par Bordeaux, la Bourgogne, le Beaujolais, le Jura, la Savoie-Bugey, le Val de Loire, le Sud-Ouest, la vallée du Rhône, la Provence, le Languedoc et le Roussillon, la France offre l’un des patrimoines viticoles les plus riches et les plus diversifiés au monde.

    La France compte traditionnellement 13 grandes régions viticoles, même si certaines classifications en distinguent davantage. Avec près de 360 Appellations d’origine Protégées (AOP), des milliers de vignerons : chaque coin de l’Hexagone a développé ses propres cépages, ses propres styles, sa propre identité. Un tour d’horizon d’un vignoble sans équivalent au monde.

    16

    régions viticoles

    360+

    AOC / AOP

    ~200

    cépages cultivés

    ~60 000

    Exploitations viticoles

    La géographie comme premier cépage

    Avant de parler de Merlot ou de Pinot Noir, il faut parler de géographie. La carte viticole française suit avant tout le climat : à l’Ouest, les influences atlantiques façonnent des vins frais et fruités. Au Centre, le continental apporte tension et minéralité. Au Sud, la Méditerranée donne soleil et puissance. À l’Est, les reliefs créent des micro-conditions uniques. Et partout, le sol — calcaire, granite, schiste, argile, silex — imprime sa signature dans chaque bouteille. C’est ça, le terroir : pas un mot de marketing, mais un concept réellement intraduisible que la France a offert au monde.

    🌊 L’Ouest atlantique : Bordeaux, Loire, Sud-Ouest

    Bordeaux est le nom le plus exporté du vin français — ses assemblages de Merlot et Cabernet Sauvignon ont défini le style « grand vin » pour une génération entière. Mais derrière les châteaux célèbres, des centaines de propriétés familiales produisent des vins remarquables à 10–20 €. Le Bordeaux générique signe un comeback qualitatif discret mais réel, porté notamment par une nouvelle génération de vignerons et une baisse volontaire des rendements. La Loire (300 km de vignes !) est la région de la diversité : Muscadet sur lie, Sancerre au silex, Chinon au tuffeau, Vouvray au Chenin moelleux — autant de visages pour un seul fleuve. Le Sud-Ouest, grand oublié, est pourtant un trésor : Cahors et son Malbec d’origine, Madiran et son Tannat de caractère, Jurançon et ses Blancs liquoreux d’exception — des vins de vignerons, à prix très sages.

    ☀️ Le couloir du Soleil : Rhône, Languedoc, Provence, Corse

    La vallée du Rhône change de personnalité du nord au sud : au nord, la Syrah sur granites escarpés de Côte-Rôtie et d’Hermitage donne des vins d’une profondeur et d’une tension rares. Au sud, les galets roulés de Châteauneuf-du-Pape accueillent le Grenache dans toute sa générosité. Entre les deux, les Crozes-Hermitage et Côtes-du-Rhône villages offrent une qualité croissante à des prix accessibles. Le Languedoc-Roussillon, plus vaste vignoble de France en superficie, est celui qui a le plus progressé en 20 ans : Minervois, Saint-Chinian, Pic Saint-Loup, Corbières offrent des vins de terroir parmi les plus accessibles du pays. La Provence a conquis le monde avec son rosé. La Corse, avec ses cépages endémiques (Nielluccio, Sciacarello), surprend tous ceux qui s’y aventurent.

    🗺️ Le cœur continental : Bourgogne, Beaujolais, Jura, Savoie

    La Bourgogne est l’autre capitale mondiale — pour des raisons opposées à Bordeaux. Ici, pas d’assemblage : un cépage (Pinot Noir ou Chardonnay), un terroir (le climat), une interprétation du terroir. Les grands Bourgognes atteignent une précision et une élégance qui restent sans égales. Mais les Bourgognes régionaux ou villages, souvent sous-estimés, sont parmi les meilleures affaires de France. Le Beaujolais et son Gamay joyeux, le Jura et ses vins jaunes uniques au monde, la Savoie et ses vins d’altitude : trois petites régions à explorer d’urgence.

    🥂 L’Est et le Nord : Alsace, Champagne, Moselle

    L’Alsace est la seule grande région française où les vins portent le nom du cépage sur l’étiquette — une tradition germanique pleinement assumée. Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris, Muscat : quatre cépages nobles, sur des terroirs d’exception entre Vosges et Rhin, du sec au liquoreux. La Champagne n’a pas besoin de présentation, mais ses vignerons Récoltants-Manipulants (RM), qui élaborent leur propre cuvée sur leur propre domaine, sont peut-être les grandes découvertes de ces dernières années : de petites maisons de 4 à 10 ha, des identités saisissantes, loin des grandes marques. La Moselle française, petite enclave lorraine, complète le tableau avec ses vins blancs secs et gris sur calcaires. Portée par une nouvelle génération de vignerons ambitieux et exigeants, elle s’impose progressivement comme l’un des vignobles émergents les plus prometteurs de France. Si elle reste encore méconnue du grand public, ses cuvées trouvent déjà leur place sur les cartes de nombreux restaurants du Grand Est, portées par des sommeliers en quête de terroirs authentiques et de nouvelles signatures


    360+ AOC : une garantie d’origine sans équivalent

    Avec plus de 360 Appellations d’Origine Protégée, la France a construit le système de certification viticole dans lequel Peu de pays poussent aussi loin le niveau de précision parcellaire et réglementaire. Chaque AOC définit des règles précises : cépages autorisés, rendements maximaux, méthodes de culture et de vinification. Ce n’est pas une garantie absolue de qualité pour chaque bouteille individuelle — mais c’est une garantie de typicité et d’origine qu’aucune autre nation ne peut égaler à cette échelle. Quand vous achetez un Sancerre, vous savez que c’est du Sauvignon Blanc, produit sur des terroirs de silex et d’argile, dans un périmètre défini à la parcelle. Cette traçabilité n’existe nulle part ailleurs dans le monde du vin.

    La France ne produit pas du vin. Elle produit des territoires en bouteille.

    Et maintenant ?

    Ce panorama n’est qu’une porte d’entrée. Dans les semaines qui viennent : les régions méconnues qui surprennent les meilleurs sommeliers (lundi prochain), les cépages emblématiques qui définissent l’identité française, les vignerons artisanaux qui en sont l’âme, et notre sélection de 5 bouteilles sous 15 € qui prouvent que l’excellence n’est pas réservée aux grands budgets.

    Mercredi, direction l’Italie — pays aux 500 cépages. Vendredi, l’Espagne et sa révolution viticole tranquille.

  • L’empreinte carbone de la bouteille : verre allégé, bag-in-box, canette, le vrai comparatif

    L’empreinte carbone de la bouteille : verre allégé, bag-in-box, canette, le vrai comparatif

    ⏱️ Temps de lecture : 6 minutes

    La canicule de cet été a remis un mot au centre de toutes les conversations : sobriété. Dans le vin, on pense d’abord à la vigne — les vendanges qui avancent, le stress hydrique, les cépages qui souffrent. Pourtant, quand on mesure l’empreinte carbone d’une bouteille, la surprise est ailleurs. Ce n’est pas le raisin le principal coupable. C’est le contenant.

    LE CONTENANT PÈSE PLUS LOURD QUE LA VIGNE

    Anatomie carbone d’un litre de vin

    Les chiffres de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) sont sans appel : l’empreinte carbone de la filière tourne autour de 1,20 kg équivalent CO2 par litre, et près de la moitié provient de la seule bouteille en verre — sa fabrication, puis sa gestion en fin de vie. Le reste se répartit entre la viticulture (environ 22 %), le transport (17 %) et la vinification (11 %). La base Agribalyse de l’ADEME situe la fourchette complète entre 1 000 et 1 500 gCO2eq par litre selon les domaines et les méthodes de calcul.

    La traduction concrète est contre-intuitive : pour réduire son empreinte, un vigneron a souvent plus à gagner en agissant sur son emballage qu’en optimisant ses seuls travaux à la vigne. L’impact environnemental réel se joue autant au rayon qu’au chai.

    LE VERDICT CARBONE : C’EST LE POIDS QUI FAIT LA LOI

    Alléger le verre, le premier réflexe

    Le poids du verre, premier levier de décarbonation du vin.

    Avant même de changer de format, le levier le plus immédiat tient en un mot : le poids. Une bouteille de 690 g affiche une empreinte de 1 kg équivalent CO2 par litre ; la même, allégée à 395 g, tombe à 0,6 kg. L’IFV estime qu’alléger une bouteille de 100 g fait gagner 134 à 148 gCO2eq par litre — l’équivalent, en ordre de grandeur, d’une demi-baguette de tradition. Ajoutez un verre teinté, plus riche en calcin (verre recyclé), et vous grappillez encore quelques points.

    Pour bien se repérer, un rappel de volumes s’impose : le format de référence, celui qui remplit les rayons et concentre la quasi-totalité des ventes, reste la bouteille de 75 cl (750 ml) ; son grand frère le magnum en contient le double, soit 1,5 litre. C’est donc sur ce standard de 75 cl que se joue l’essentiel du match. Or le problème est que la moyenne de poids y reste élevée : une bouteille de 75 cl pèse aujourd’hui environ 550 g à vide, et certaines cuvées de prestige dépassent allègrement 800 g — pour très exactement le même contenu. Sur ces 750 ml de vin, le verre peut représenter 395 g comme 800 g : seul le contenant, jamais le vin, fait la différence. Un poids qui ne sert souvent qu’à flatter la sensation en main.

    Bag-in-box, canette, PET : le carbone chute

    Changer carrément de contenant fait basculer la balance plus vite encore. Bag-in-box, canette aluminium et bouteille PET — le polyéthylène téréphtalate, ce plastique léger et transparent des bouteilles d’eau et de soda — affichent tous une empreinte carbone par litre nettement inférieure à celle du verre : moins de matière, donc moins d’énergie de fabrication et moins de poids à transporter. Le bag-in-box tire particulièrement son épingle du jeu — plié à vide, il divise par plusieurs le nombre de camions nécessaires pour livrer un même volume. Sur les vins du quotidien, ceux qu’on boit dans l’année (soit près de 90 % de la production), l’argument carbone est difficile à contester.

    MAIS LE CARBONE NE DIT PAS TOUT

    Ce que le bilan carbone oublie de compter

    C’est ici que le comparatif prend son virage. Réduire un emballage à sa seule empreinte carbone, c’est regarder le monde par le trou d’une serrure. L’analyse de cycle de vie (ACV) complète — celle qui mesure aussi la toxicité, l’épuisement des ressources ou la pollution des sols — raconte une histoire plus nuancée.

    L’IFV le note explicitement : la canette, à cause de l’aluminium, présente l’impact le plus élevé de tous les contenants — verre compris — sur l’indicateur de toxicité humaine, la production d’aluminium primaire polluant l’air, les sols et l’eau par métaux lourds. Les plastiques, eux, pèsent lourd sur l’épuisement des ressources non renouvelables. Quant au bag-in-box, sa poche multicouche mêlant film plastique et aluminium reste, en pratique, très difficile à recycler : l’excellent bilan carbone masque un vrai problème de fin de vie.

    Le carbone n’est pas le seul impact environnemental : chaque matériau déplace le problème plutôt qu’il ne l’efface.

    Synthèse des travaux de l’IFV sur les conditionnements

    Le vrai match : usage unique contre réemploi

    Si l’on cherche le geste qui change vraiment la donne, il n’est ni dans le plastique ni dans l’aluminium. Il est dans la consigne. En comparant le réemploi du verre à l’usage unique, l’ADEME chiffre les gains à -51 % d’eau, -76 % d’énergie et -79 % d’émissions de gaz à effet de serre — et l’avantage est acquis dès la deuxième utilisation de la bouteille.

    Le facteur décisif n’est même pas le poids du verre, mais le taux de retour : plus une bouteille repart en circulation, plus son empreinte s’effondre. Au Château de l’Éclair, domaine support d’expérimentation en Beaujolais, on utilise une bouteille réemployable de 560 g — plus lourde que les 420 g habituels — et le bilan reste malgré tout gagnant dès le deuxième cycle. Le législateur pousse dans ce sens : la loi AGEC impose aux plus gros metteurs en marché 5 % d’emballages réemployés depuis 2023, et vise 10 % à l’horizon 2027.

    Le réemploi : dès la deuxième vie, le verre reprend l’avantage.

    ALORS, POURQUOI ACHÈTE-T-ON ENCORE LOURD ?

    Le poids du prestige

    Voilà le paradoxe. Les solutions techniques existent, elles gagnent sur le carbone, et pourtant le marché reste accroché à la bouteille lourde. La raison n’est pas technique, elle est culturelle. Dans l’esprit du consommateur, le poids du verre signale la qualité : une bouteille dense, une piqûre profonde, et le vin paraît plus sérieux avant même d’être goûté.

    S’ajoutent deux arguments bien réels : le verre demeure le contenant le mieux adapté à la garde et le plus neutre pour le vin sur le plan physico-chimique, et il rassure à l’export, sur des marchés où l’image de l’appellation prime sur le reste. Résultat : le vigneron qui allège sa bouteille ou passe au bag-in-box prend un risque commercial que peu osent assumer sur leurs cuvées haut de gamme. La technique a tranché ; les têtes, pas encore.

    Le bon contenant au bon endroit

    Le comparatif, au fond, ne désigne pas un vainqueur unique. Pour un vin de garde qui traversera l’Atlantique, le verre allégé et teinté reste le choix le plus raisonnable. Pour un rosé d’été bu sur une terrasse — de saison, justement — la canette ou le bag-in-box divisent l’empreinte sans rien sacrifier au plaisir. Et pour le vin du quotidien qu’on rachète chaque semaine, la consigne est, de loin, la piste la plus vertueuse. Le vrai progrès ne consiste pas à trouver l’emballage parfait, mais à cesser de mettre le même verre lourd autour de tous les vins, quel que soit leur usage. La sobriété, ici comme ailleurs, commence par le bon outil au bon endroit.

    Sources : Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) — empreinte carbone de la filière vin et leviers de conditionnement ; ADEME — base Agribalyse et étude « Évaluation environnementale de la consigne pour le réemploi des emballages en verre » (volets A & B, 2023-2025) ; Réussir Vigne, janvier 2026 ; loi AGEC (2020) et Stratégie 3R. Données recoupées en juillet 2026.

  • Vins bio et naturels : la révolution silencieuse que personne ne veut voir

    Vins bio et naturels : la révolution silencieuse que personne ne veut voir


    Le vin vivant cherche sa place dans un monde qui préfère ses certitudes en bouteille.

    Il y a quelque chose d’étrange dans le rapport que nous entretenons avec ce que nous buvons. Nous voulons du naturel dans notre assiette, du local sur nos marchés, du vivant dans nos jardins — mais dans nos verres, nous réclamons toujours le même vin, celui qui sent bon la vanille boisée, celui dont la couleur est parfaite, celui dont le goût ne surprend jamais.

    Pourtant, une poignée de vignerons obstinés est en train de changer les règles du jeu. Silencieusement, dans leurs caves, à genoux dans leurs vignes, ils réinventent un art millénaire. Avec peu de reconnaissance, beaucoup de scepticisme — et une conviction chevillée au corps : le vin peut être autre chose.

    LES NOUVELLES PRATIQUES

    La biodynamie : soigner la vigne comme un organisme vivant

    Loin d’être une mode New Age, la biodynamie repose sur une approche systémique du vignoble. Inspirée des travaux de Rudolf Steiner, elle considère le domaine viticole comme un organisme autonome, capable de se réguler lui-même si on lui en donne les moyens.

    Concrètement, cela signifie travailler selon le calendrier lunaire, préparer des tisanes et décoctions à base de plantes, et bannir tout intrant chimique de synthèse :

    • Travail du sol selon les jours racines, fleurs et fruits du calendrier lunaire
    • Décoctions d’ortie, prêle et valériane pour renforcer la résistance naturelle de la vigne
    • Préparation 500 — fumier de vache fermenté en corne enterrée — pour dynamiser les sols
    • Zéro pesticide, zéro herbicide de synthèse sur l’ensemble du domaine

    Le résultat ? Des sols grouillant de vers de terre, de champignons mycorhiziens, de bactéries bénéfiques. Des vignes dont les racines plongent profondément, cherchant par elles-mêmes l’eau et les minéraux.

    « Un vin vivant évolue, respire, change avec le temps et le voyage. Pour les puristes, c’est là que réside la vraie noblesse. Pour les sceptiques, c’est là que commence le risque. »

    La vinification sans soufre et les amphores géorgiennes

    Dans la cave, les innovations sont tout aussi radicales. La vinification sans soufre ajouté est la vraie révolution : le SO₂ est utilisé depuis des siècles comme conservateur. Le supprimer, c’est naviguer sans filet. Le vin devient vivant, imprévisible, parfois capricieux.

    D’autres vignerons vont encore plus loin, en ressuscitant des pratiques antiques : la vinification en amphore, des jarres de terre cuite qui permettent une micro-oxygénation sans donner de goût boisé. On vous en avait parlé, il y a quelques temps 😉

    Parallèlement, la quête des cépages oubliés devient obsessionnelle — Pineau d’Aunis en Loire, Savagnin ouillé en Jura, Tibouren en Provence. Des vins qu’on n’a jamais goûtés, qui n’ont aucune référence en mémoire, et qui pour cela déroutent autant qu’ils enchantent.

    LE MUR DE LA RECONNAISSANCE PROFESSIONNELLE

    Des jurys qui ne savent pas quoi en faire

    Les concours de vins sont la vitrine du monde viticole. Mais dans cet univers très codifié, les vins naturels arrivent souvent comme des électrons libres. Un vin légèrement trouble — parce que non filtré — sera pénalisé sur la robe. Un vin au nez légèrement réduit — parce qu’il n’a pas bénéficié de soufre protecteur — sera déclassé à l’olfaction.

    Le problème ? Ces critères d’évaluation ont été conçus pour juger des vins conventionnels. Ils sont inaptes à saisir ce qui fait précisément la singularité d’un vin vivant. C’est comme juger un street artist au concours des Beaux-Arts : la forme change, les règles restent figées, et c’est la création qui en paye le prix.

    Les critères des concours ont été conçus pour évaluer des vins conventionnels

    La tyrannie du goût international

    La critique internationale, longtemps dominée par le modèle Parker, a imposé un idéal gustatif unique : des vins puissants, concentrés, boisés, aux tanins mûrs. Les vins naturels, avec leur légèreté assumée, leur acidité vive, leurs arômes parfois atypiques, sont aux antipodes de ce modèle.

    « Certains vins naturels ne peuvent pas revendiquer leur appellation — parce qu’ils expriment un terroir d’une façon que les règles d’hier n’avaient pas prévue. »

    Des appellations qui excluent leurs pionniers

    Paradoxe ultime : certains vins naturels ne peuvent pas revendiquer leur appellation d’origine. Parce qu’ils sont vinifiés avec des cépages atypiques ou présentent des caractéristiques organoleptiques jugées non conformes au cahier des charges. Ces vins sont déclassés en simple « vin de France » — quand bien même ils expriment un terroir avec une précision que bien des Grands Crus pourraient leur envier.

    N’hésitez pas à lire notre article sur la définition de ‘vin de France’ :

    LE REGARD DU CONSOMMATEUR

    La méfiance des consommateurs : une affaire de confort et de codes

    « Mon vin ne doit pas me surprendre »

    Le consommateur de vin traditionnel a construit une relation de confiance fondée sur la répétabilité : chaque millésime doit ressembler au précédent, chaque bouteille au même. C’est la promesse implicite que les grandes maisons ont su vendre pendant des décennies.

    Le vin naturel, lui, est vivant. Il varie d’un millésime à l’autre, parfois d’une bouteille à l’autre. Un vin ouvert trop tôt peut sembler fermé, austère. Le même vin deux heures plus tard peut s’épanouir de façon bouleversante. Ce n’est pas un défaut — c’est une qualité. Mais pour un consommateur habitué à la prévisibilité, c’est perturbant.

    Le spectre des défauts et le manque de pédagogie

    Le débat le plus âpre tourne autour des défauts réels ou supposés des vins naturels. La réduction, le Brett, la volatile… Ces caractéristiques, tolérées à faibles doses comme signe de complexité, sont considérées comme rédhibitoires dans le vin conventionnel. Où s’arrête le « vivant » et où commence l’erreur de vinification ? Il n’y a pas de réponse simple.

    Un dernier frein, pratique celui-là : les vins bio et naturels sont souvent plus chers et distribués via des réseaux alternatifs — cavistes indépendants, bistrots naturels, marchés de producteurs — loin de la grande distribution. Et les étiquettes, souvent dépourvues de cépage ou d’appellation lisible, laissent le consommateur sans repères.

    LE VIN COMME ACTE POLITIQUE

    « Les choses changent, lentement mais sûrement. Les bistrots à vins naturels fleurissent dans toutes les grandes villes — du Verre Volé à Paris, pionnier depuis 2000, à Odessa Comptoir sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon, en passant par plus de 1 000 adresses recensées à travers toute la France.

    « Les bistrots à vins naturels et les cavistes indépendants deviennent les premiers lieux d’éducation gustative pour les nouveaux curieux. »

    Une nouvelle génération de sommeliers questionne, explore, accepte l’inattendu. Des figures comme Pascaline Lepeltier, Meilleure Sommelière de France 2018, qui défend les vins naturels sur les plus grandes scènes internationales, ou Xavier Thuizat, Meilleur Sommelier de France 2022, qui a mis à sa carte de l’Hôtel de Crillon une quarantaine de vignerons de moins de 35 ans, beaucoup travaillant en bio ou en nature. Le Guide des Meilleurs Vins de France 2025 lui-même recense près de la moitié de ses domaines certifiés bio ou en biodynamie — ce qui aurait été impensable il y a vingt ans.

    Choisir un vin bio ou naturel, c’est plus qu’un choix de consommation. C’est un acte de soutien à des hommes et des femmes qui ont décidé de travailler autrement, quitte à renoncer aux certifications faciles, aux notes flatteuses et aux marchés lucratifs. C’est parier sur la diversité contre l’uniformité. Sur le vivant contre le formaté.

    Le vin naturel n’est pas parfait. Il surprend, il déroute, il déçoit parfois. Mais quand il réussit — et il réussit souvent — il dit quelque chose qu’aucun vin de laboratoire ne pourra jamais dire : la vérité d’un lieu, d’une saison, d’un être humain qui a choisi de faire confiance à la nature.

    Avez-vous déjà goûté un vin naturel qui vous a convaincu — ou au contraire déçu ?

    Partagez votre expérience en commentaires.

    Sources : Wikipédia — Viticulture biodynamique · Wikipédia — Agriculture biodynamique

  • Vin de France : liberté totale ou perte de repères ?

    Vin de France : liberté totale ou perte de repères ?

    Quand on parle de vin en France, les appellations sont souvent vues comme des garde-fous sacrés. AOC, IGP, terroir, cahiers des charges… et puis il y a Vin de France, l’appellation qui casse la table et redistribue les cartes.

    ©vindefrance.com

    Souvent perçue comme une catégorie « en dessous », elle est pourtant devenue un terrain de jeu fascinant pour de nombreux vignerons.

    Mais que cache vraiment la mention Vin de France ? Et surtout, est-ce un avantage ou un compromis ?

    L’appellation Vin de France existe officiellement depuis 2009. Elle remplace l’ancienne mention « vin de table », avec une ambition claire :

    👉 offrir plus de liberté aux producteurs.

    Un Vin de France peut être :

    issu de raisins français, sans indication de région mono-cépage ou assemblage libre vinifié sans contrainte géographique stricte commercialisé avec le millésime et le cépage indiqués (ce qui n’était pas autorisé avant)

    C’est la seule catégorie officielle où la créativité passe avant la carte

    🍇 Une liberté totale pour le vigneron

    Pas de cahier des charges imposé sur les cépages, les rendements, les méthodes de vinification, l’origine précise des raisins

    Un vigneron peut assembler un Syrah du Rhône avec un Cabernet de la Loire s’il le souhaite. Impensable en AOC.

    ©clarachetan.com

    🧪 Un laboratoire d’innovation

    Vin de France est souvent le refuge de :

    micro-cuvées expérimentales vins naturels ou atypiques, essais de nouveaux cépages styles non conformes aux standards locaux.

    C’est là que naissent beaucoup de vins qui ne ressemblent à rien… et parfois à quelque chose de génial.

    🌍 Une lecture plus simple pour le consommateur

    Pour un public international ou néophyte, le cépage parle plus que l’appellation « Vin de France – Chardonnay » est plus lisible qu’une appellation obscure. C’est un levier fort à l’export.

    💰 Une contrainte économique allégée

    Moins de contrôles, moins de coûts administratifs, plus de flexibilité sur les volumes, pour certains producteurs, c’est une question de survie économique.

    🗺️ Une absence de terroir revendiqué

    Pas de région, pas de village, pas de sol identifié, pour les amateurs de terroir, c’est une frustration, voire un rejet. Le vin raconte moins une origine qu’une intention.

    🏷️ Une image parfois dévalorisée

    Malgré son évolution, Vin de France traîne encore une réputation de vin bas de gamme , vin industriel, vin sans âme. Une perception souvent injuste, mais bien réelle.

    🎯 Une qualité très hétérogène

    La liberté est une force… et un risque.

    Dans cette catégorie, on trouve des cuvées brillantes, des vins très moyens et parfois le pire sans cadre, tout repose sur le sérieux du producteur.

    🧭 Moins de repères pour les amateurs avertis

    Sans appellation, difficile de comparer et anticiper un style mais aussi se repérer dans une cave. Cela demande plus de curiosité, moins de réflexes.

    Vin de France : une appellation d’avenir ?

    Vin de France n’est ni une sous-catégorie, ni une hérésie. C’est une philosophie. Elle séduit de plus en plus de jeunes vignerons, des profils hors normes, des amateurs curieux, lassés du formatage

    Dans un monde viticole en mutation, Vin de France est souvent là où ça bouge

    Voici quelques grands vignerons et domaines renommés qui ont choisi de quitter leur AOP pour produire des vins sous l’appellation « Vin de France », souvent pour plus de liberté créative ou pour innover en dehors des cahiers des charges stricts des AOP :

    • Domaine Jean-Yves Mizelle (ex-AOP Languedoc) : Pionnier dans le passage en Vin de France pour des cuvées expérimentales.
    • Clos du Moulin aux Moines (ex-AOP Bourgogne) : A opté pour le Vin de France sur certaines cuvées pour explorer des assemblages non autorisés en AOP.
    • Domaine Duseigneur (ex-AOP Lirac, Côtes-du-Rhône) : Produit désormais des vins en Vin de France pour des projets audacieux, notamment des monocépages ou des assemblages originaux.
    • Château de la Selve (ex-AOP Bordeaux) : Certains millésimes sont vinifiés en Vin de France pour contourner les contraintes de l’AOP.
    • Domaine de l’Enchantoir (ex-AOP Roussillon) : Utilise l’appellation Vin de France pour des vins naturels ou des cépages non traditionnels dans la région.
    • Baron Maxime Borie de Maurel (ex-AOP Bordeaux) : A lancé des cuvées en Vin de France pour des expérimentations sur des terroirs marginaux ou des cépages rares.
    • Le Domaine de la Rosière (ex-AOP Minervois) a abandonné son AOP pour produire un vin 100% Syrah en Vin de France, une démarche saluée par la critique pour sa qualité et son originalité.

    Source : Vin de Bacchus – Vins de France sans appellation d’origine contrôlée


  • 🏺 Le grand retour des amphores dans le monde du vin – entre tradition antique et technologie douce

    🏺 Le grand retour des amphores dans le monde du vin – entre tradition antique et technologie douce

    Une invention millénaire

    Les amphores font partie des plus anciennes inventions de l’humanité en matière de conservation et de transport de liquides. On en retrouve des traces dès le 4e millénaire avant J.-C., notamment en Mésopotamie et en Égypte, mais ce sont surtout les Géorgiens qui ont été les véritables pionniers de l’usage œnologique des amphores.

    En Géorgie, les qvevris, grandes jarres en terre cuite enfouies dans le sol, sont utilisées depuis plus de 8 000 ans pour fermenter, élever et stocker le vin. Cette tradition est tellement enracinée qu’elle a été classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

    Abandonnées, puis redécouvertes

    Avec le temps, les amphores ont été progressivement remplacées par les barriques en bois, plus pratiques pour le transport et la gestion des volumes. Mais depuis les années 1990-2000, une nouvelle génération de vignerons a commencé à réexplorer cette méthode ancestrale, notamment dans les mouvances du vin nature et de la biodynamie.

    Pourquoi ce retour ? Parce que l’amphore offre des avantages techniques et philosophiques uniques :

    ✨ Micro-oxygénation naturelle sans intervention mécanique 🍇 Neutralité aromatique : aucun arôme boisé, le vin exprime uniquement le fruit et le terroir 🌡️ Bonne inertie thermique : la température varie lentement, ce qui est bénéfique pour la fermentation

    Un usage qui s’étend, même à Bordeaux

    L’amphore n’est plus l’apanage des vignerons marginaux ou « alternatifs ». Elle séduit aujourd’hui des domaines prestigieux, y compris dans des régions traditionnelles, très ancrées dans l’usage de la barrique, comme Bordeaux.

    Par exemple :

    Le Château Pontet-Canet (5e Grand Cru Classé à Pauillac) utilise des amphores en béton ou en argile pour une partie de ses élevages. Château Durfort-Vivens l’intègre dans tous ces vins, pour certain cela représente même 80% de l’élevage en amphore.

    Le Château La Dominique à Saint-Émilion a introduit les amphores pour des micro-vinifications afin de préserver la pureté du fruit. Le Château Le Puy, référence du vin nature bordelais, travaille également avec la terre cuite.

    On les retrouve aussi dans des domaines de la Loire, du Languedoc, du Rhône, en Bourgogne, en Italie (notamment chez COS ou Gravner), en Espagne (tinajas), et bien sûr en Géorgie.

    Pas seulement pour le vin

    L’usage des amphores ne se limite pas à l’univers viticole. On les retrouve également :

    En oléiculture : pour la fermentation ou la conservation de certaines huiles d’olive haut de gamme. Dans la brasserie artisanale : certaines bières de fermentation spontanée sont élevées en amphore. En parfumerie et cosmétique naturelle : pour la macération d’ingrédients sans interaction chimique. En architecture écologique : utilisées comme éléments d’humidification naturelle dans certaines constructions bioclimatiques.

    Une technologie douce au service du vin

    Ce qu’on appelle aujourd’hui « technologie douce » dans le vin, c’est une forme de maîtrise sans artifice, où la forme, le matériau et l’environnement suffisent à influencer positivement l’évolution du vin. Les amphores en sont une parfaite illustration.

    Elles ne sont ni rétrogrades, ni uniquement symboliques : elles offrent une alternative sérieuse à la barrique et à l’inox, notamment pour des vins où l’expression du raisin prime sur le style de l’élevage.

    📌 En résumé

    Les amphores sont l’un des plus anciens outils de vinification, avec 8000 ans d’histoire. Leur retour dans les caves modernes s’inscrit dans une recherche de pureté, d’équilibre et d’authenticité. Elles sont utilisées aujourd’hui par des vignerons innovants… et même par des grands noms bordelais. Plus qu’un effet de mode, elles incarnent une vision durable et artisanale du vin.

  • Beaujolais Nouveau est arrivé !

    Beaujolais Nouveau est arrivé !

    Un peu d’histoire…….

    La tradition du Beaujolais nouveau remonte au XIXe siècle en France, mais elle a pris son essor au milieu du XXe siècle. Elle est étroitement liée à la production de vin dans la région du Beaujolais, située au nord de Lyon.

    À l’origine, les vignerons du Beaujolais produisaient un vin jeune à partir du cépage Gamay, destiné à être consommé rapidement après la récolte. Ce vin, léger et fruité, était vendu localement dans les semaines suivant les vendanges, souvent pour célébrer la fin de la récolte avec les ouvriers agricoles et les habitants de la région.

    L’officialisation dans les années 1950

    En 1951, une réglementation des appellations d’origine contrôlée (AOC) est mise en place pour limiter la mise en vente des vins avant le 15 décembre de l’année de la récolte. Cependant, les producteurs du Beaujolais obtiennent une dérogation leur permettant de vendre leur vin en primeur avant cette date. C’est ainsi que le 13 novembre 1951, le “Beaujolais nouveau” est officiellement reconnu.

    Le succès marketing.

    La tradition prend une dimension nationale puis internationale grâce à une stratégie de promotion dynamique, notamment portée par l’Union Interprofessionnelle des Vins du Beaujolais (UIVB). Dans les années 1970, des campagnes publicitaires et des événements festifs mettent en avant l’idée du “Beaujolais nouveau est arrivé !”, transformant ce vin jeune en un phénomène culturel.

    Les bistrots, les cavistes et les bars à vin adoptent rapidement cette tradition, marquée par des festivités conviviales chaque troisième jeudi de novembre.

    Expansion internationale

    Dans les années 1980, la tradition s’étend au-delà des frontières françaises, notamment au Japon, où le Beaujolais nouveau devient extrêmement populaire. Aujourd’hui, il est exporté dans plus de 110 pays, souvent accompagné de célébrations locales.

    Un moment festif

    Le Beaujolais nouveau est devenu un symbole de convivialité et de célébration. Il est généralement consommé dans une ambiance décontractée, accompagné de plats simples comme des charcuteries ou des fromages.

    Ainsi, cette tradition est le fruit d’un mélange de culture viticole, d’histoire locale et d’une campagne marketing réussie, en faisant un événement annuel attendu.

    L’appellation Beaujolais et ses crus comptent de nombreux vignerons talentueux, certains étant devenus célèbres pour leur travail de qualité et leur rôle dans la reconnaissance internationale de la région.

  • Alsace – Part 1 : RiqueWihr

    Alsace – Part 1 : RiqueWihr

    « Riquewihr est comme un tableau vivant, où chaque rue est une œuvre d’art et chaque verre de vin une poésie. »


    “Riquewihr is like a living painting, where each street is a work of art and each glass of wine is poetry.”

    Situé à quelques kilomètres de Colmar, Riquewihr est de ces villages alsaciens qu’il faut absolument voir une fois si on est amateur de l’oenotourisme.

    Located a few kilometers from Colmar, Riquewihr is one of those Alsatian villages that you absolutely must see if you are a fan of wine tourism.

    L’architecture fortifiée associée au style typique des demeures alsaciennes, fait de ce village un des plus représentatifs de l’art local. Ajouter l’excellence vinicole et vous en fait pour les amateurs de vins un paradis sur terre.

    The fortified architecture, combined with the typical style of Alsatian homes, makes this village one of the most representative of the local art. Add to that the excellence in winemaking, and it becomes a paradise on earth for wine lovers.

    Ce village est un lieux extraordinaire qui a su mettre en avant tout son héritage.

    Au fil des siècles, Riquewihr a connu une période de prospérité grâce à son vignoble, produisant des vins réputés comme le Gewurztraminer et le Riesling.

    Grace à la préservation de son patrimoine architectural Riquewihr attire des visiteurs pour son charme historique, ses vignobles et sa position dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges.

    This village is an extraordinary place that has managed to highlight all its heritage.

    Over the centuries, Riquewihr has experienced a period of prosperity thanks to its vineyard, producing renowned wines such as Gewurztraminer and Riesling.

    Thanks to the preservation of its architectural heritage, Riquewihr attracts visitors for its historical charm, its vineyards, and its location in the Ballons des Vosges Regional Nature Park.

    Tiens le vignoble parlons-en, Riquewihr est célèbre pour ses vins en raison de plusieurs facteurs clés qui contribuent à la qualité exceptionnelle de sa production viticole. Voici quelques raisons principales :

    • Microclimat et terroirs d’exception : Riquewihr bénéficie d’un microclimat et de terroirs uniques qui sont idéaux pour la viticulture. Le village est protégé des vents de l’ouest par le massif des Vosges, et jouit d’un climat semi-continental avec des étés secs, chauds et ensoleillés.
    • Microclimate and exceptional terroirs: Riquewihr benefits from a microclimate and unique terroirs that are ideal for viticulture. The village is protected from the west winds by the Vosges mountains and enjoys a semi-continental climate with dry, hot, and sunny summers.
    • Tradition viticole millénaire : La tradition de la viticulture à Riquewihr remonte à des siècles, ce qui a permis aux viticulteurs de perfectionner leurs méthodes et de transmettre leur savoir-faire de génération en génération.
    • Millennial wine-growing tradition : The tradition of viticulture in Riquewihr dates back centuries, which has allowed winemakers to perfect their methods and pass on their expertise from generation to generation.
    • Grands Crus : Sur les 51 terroirs classés « Grands Crus » en Alsace, 13 se trouvent dans le Pays de Ribeauvillé et Riquewihr, ce qui témoigne de la qualité supérieure des vins produits dans cette région.
    • Grand Crus : Of the 51 terroirs classified as ‘Grand Crus’ in Alsace, 13 are located in the Ribeauvillé and Riquewihr region, which attests to the superior quality of the wines produced in this area.
    • Diversité géologique : Le vignoble de Riquewihr couvre un champ de fracture géologique offrant une grande diversité de sous-sols, allant du granitique au calcaire, en passant par le volcanique et le gréseux. Cette diversité permet aux différents cépages de s’épanouir pleinement.
    • Geological diversity : The Riquewihr vineyard covers a geological fracture field offering a great diversity of subsoils, ranging from granitic to limestone, and including volcanic and sandstone. This diversity allows the different grape varieties to fully thrive.

    Ces éléments combinés, avec le savoir-faire des viticulteurs, font que les vins de Riquewihr sont non seulement parmi les meilleurs d’Alsace, mais aussi reconnus à l’échelle internationale pour leur qualité.

    These combined elements, along with the winemakers’ expertise, make Riquewihr wines not only among the best in Alsace but also internationally recognized for their quality

    Il suffira de se promener dans le village pour vite s’en rendre compte :

    Mais on prendra aussi le temps de s’attarder dans les fromageries et caves d’affinage, un lieu assez unique ramenant un savoir-faire reconnu. Surtout ne rentrez pas ! vous allez succomber.

    But we will also take the time to linger in the cheese shops and aging cellars, a rather unique place that brings back a recognized know-how. But don’t go in! You will succumb.

    Vous le savez, on aime vous faire partager nos belles découvertes avec des rapports qualité/prix exceptionnels ! On ne pouvait donc pas terminer cet article sans vous parler d’un joli domaine de Riquewihr :

    As you know, we love to share our beautiful discoveries with exceptional quality/price ratios! So we couldn’t end this article without telling you about a lovely estate in Riquewihr:

    MITTNACHT-KLACK Domaine Les Tuileries et on a eu l’occasion de goûter leur joli Pinot Gris :

    Cette robe dorée nous a charmé et le pinot gris a fait le reste, à moins de 15€ la bouteille, il est parfait dans toutes les situations.

    This golden robe charmed us, and the Pinot Gris did the rest; at less than €15 a bottle, it is perfect for any occasion.

  • Château Talbot : La bonne surprise du chef

    Château Talbot : La bonne surprise du chef

    Un repas de famille s’improvise et le maitre des lieux remonte de la cave avec cette bouteille. Il me dit comme si de rien n’était, et si on se goutait celui-là ? Autant vous dire que je suis tombé de ma chaise et qu’il ne fallait pas me répéter deux fois cette phrase.

    A family meal unfolds spontaneously, and the host emerges from the cellar with this bottle. He casually suggests, « Shall we give this one a try? » Let me tell you, I nearly fell off my chair, and there was no need to repeat that phrase.

    Pour ceux qui ne connaisse pas le château Talbot, c’est un domaine viticole situé à Saint-Julien-Beychevelle. Il est classé quatrième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855. 

    Il doit son nom à un chef anglais, John Talbot, qui fut tué lors de la bataille de Castillon en 1453.

    For those unfamiliar with Château Talbot, it is a vineyard located in Saint-Julien-Beychevelle. It holds the rank of fourth growth in the official Bordeaux Wine Classification of 1855. It owes its name to an English commander, John Talbot, who was killed in the Battle of Castillon in 1453.

    Le domaine appartient à la famille Bignon-Cordier, depuis 1918, qui produit des vins de qualité, reconnus pour leur goût unique et leur élégance. Le vignoble s’étend sur 110 hectares, dont 105 ha de cépages rouges (cabernet sauvignon, merlot et petit verdot) et 5 ha de cépages blancs (sauvignon blanc et sémillon).

    Owned by the Bignon-Cordier family since 1918, the estate produces quality wines known for their unique taste and elegance. The vineyard spans 110 hectares, with 105 hectares dedicated to red grape varieties (Cabernet Sauvignon, Merlot, and Petit Verdot) and 5 hectares to white grape varieties (Sauvignon Blanc and Sémillon).

    source : http://www.chateau-talbot.com

    La famille possède actuellement d’autres propriétés comme le Domaine Saint-Andrieu sur les hauteurs de l’arrière-pays provençal et le Château Sénéjac proche du Pian-Médoc

    Le château Talbot propose également une visite de cave, qui permet de découvrir son terroir exceptionnel et son savoir-faire. C’est un lieu chargé d’histoire et de passion, que je vous invite à explorer, surtout quand on voit ces chais pouvant abriter jusqu’à 1800 barriques, c’est monumentale !

    The family also owns other properties, such as Domaine Saint-Andrieu in the hinterland of Provence and Château Sénéjac near Pian-Médoc.

    Château Talbot also offers cellar tours, allowing visitors to discover its exceptional terroir and craftsmanship. It’s a place steeped in history and passion that I invite you to explore, especially when you see these cellars capable of housing up to 1800 barrels; it’s monumental!

    C’est donc un domaine qui allie histoire, tradition et modernité, et qui offre des vins de qualité, reconnus pour leur goût unique et leur élégance.

    Thus, it’s an estate that combines history, tradition, and modernity, offering quality wines recognized for their unique taste and elegance.

    On passe à la discussion de ce millésime 2004 :

    Now, let’s discuss this 2004 vintage:

    Malgré l’excitation du moment, on a pris notre temps avec cette bouteille, on l’a laissé s’adapter à la température de la pièce plusieurs heures. Puis, en le débouchant 2h avant le repas il a pu tranquillement s’imprégner et s’ouvrir lentement. Bref… On a pris soin de ne pas le bousculer.

    De ces 20 ans, il saura vous attirer l’oeil, d’un rouge sombre et profond, on découvrira des tons de bois lasurés, on voit qu’il est prêt à démontrer sa puissance.

    Suite à une petite dance coutumière, il va exprimer des arômes de tabac, mûre, cerise griotte et de réglisse. Le bois des barriques a fait son travail et cet arôme vient englober le tout, de sa présence protectrice.

    En bouche, pas de doute on est sur la marque des grands seigneurs bordelais, le bois est le premier que je distincte, il fait une entrée fracasante. Riche et généreux, la mûre et la cerise enveloppent bient la palais. En final, une très discrète acidité vient équilibrer l’ensemble. Le final, démontre une parfaite maîtrise des hommes mais également le travail précis du temps.

    Malgrès ce savoir-faire indéniable, le prix est assez élevé, autour des 70€ la bouteille pour les millésimes les plus récents.

    Toutefois le domaine produit également un second vin appelé « Connétable Talbot » à moins de 30€, nul de doute qu’il nous fera vibrer autant que le grand-frère, on vous en reparle bientôt. On ne sera pas complet sans vous dire que le Domaine produit également un blanc « Caillou Blanc », vous le trouverez autour des 40€ la bouteille chez votre caviste préféré.

    Despite the excitement of the moment, we took our time with this bottle, letting it adjust to room temperature for several hours. Then, uncorking it two hours before the meal allowed it to slowly imbibe and unfold. In short, we took care not to rush it.

    At 20 years old, it catches your eye with its dark, deep red hue, revealing tones of polished wood, indicating it’s ready to demonstrate its power.

    After a customary swirl, it expresses aromas of tobacco, blackberry, Morello cherry, and licorice. The barrel’s wood has done its job, encompassing everything with its protective presence.

    On the palate, there’s no doubt we’re dealing with Bordeaux’s noblest. Wood is the first thing I notice, making a grand entrance. Rich and generous, blackberry and cherry coat the palate. Towards the finish, a subtle acidity balances everything out. The finale demonstrates perfect mastery of both men and time.

    Despite this undeniable craftsmanship, the price is quite high, around €70 per bottle for the most recent vintages.

    However, the estate also produces a second wine called « Connétable Talbot » for under €30, undoubtedly capable of thrilling us as much as its elder sibling; we’ll talk about it soon. We wouldn’t be complete without mentioning that the estate also produces a white wine « Caillou Blanc, » priced around €40 per bottle at your favorite wine merchant.

  • Xavier Vignon, le magicien de l’assemblage.

    Xavier Vignon, le magicien de l’assemblage.

    Le domaine viticole Xavier Vignon est un producteur de vins de la Vallée du Rhône, qui propose une gamme variée et originale de cuvées. Xavier Vignon est un œnologue passionné par l’assemblage, qui crée des vins en s’affranchissant des codes traditionnels. Il utilise notamment des vins de réserve de plusieurs millésimes, des cépages rares, ou des techniques innovantes d’élevage. 

    Les vins les plus populaires de Xavier Vignon sont ceux qui reflètent son style d’assemblage audacieux et créatif, qui lui permet de produire des cuvées originales et de qualité :

    • La cuvée Anonyme de Châteauneuf-du-Pape, qui est un assemblage de 25 % Merlot25 % Grenache noir25 % Mourvèdre et 25 % Syrah, ce qui est très inhabituel pour cette appellation. Ce vin est puissant, complexe et élégant, avec des arômes de fruits noirs, d’épices, de réglisse et de chocolat. Prix -50€
    • La cuvée Arcane Le Pape de Châteauneuf-du-Pape, qui est un assemblage de 17 millésimes différents, allant de 1998 à 2016. Ce vin est une véritable prouesse technique, qui offre une richesse aromatique exceptionnelle, avec des notes de fruits confits, de fleurs, de miel, de truffe et de sous-bois. Prix -100€
    • La cuvée Réserve de Châteauneuf-du-Pape, qui est un hommage aux vins de réserve de Champagne, réunissant plusieurs millésimes antérieurs. Ce vin est harmonieux, frais et fruité, avec des nuances de fruits rouges, de pêche, de citron et de brioche. Prix -50€

    Avec une fourchette de prix entre 10 et 100€, les vins Xavier Vignon s’adapteront à tous les budgets, mais toujours avec énormément de plaisir à la dégustation.

    Vous pouvez trouver ses vins en ligne sur des sites spécialisés comme Vinsolite ou Made in Ventoux

    Xavier Vignon est un adepte de l’assemblage, qui lui permet de créer des vins complexes et harmonieux, en exprimant le potentiel de chaque cépage et de chaque terroir.

    Le vin châteauneuf du pape “Red” de Xavier Vignon est un vin rouge de l’appellation Châteauneuf-du-Pape, dans la Vallée du Rhône. Il est issu d’un assemblage de 75 % Grenache noir10 % Syrah10 % Mourvèdre et 5 % Clairette.

    On a goûté le millésime 2019 :

    Ce vin se caractérise par sa richesse, sa complexité et son élégance, avec des arômes de fruits rouges et noirs, d’épices, de tabac, de fleurs et de réglisse. Il a une belle robe rubis, une bouche ample et veloutée, fruit rouge, chocolat, tabac et une longue finale fraîche et fruité

    Ce vin peut se déguster dès maintenant, ou se garder jusqu’en 2030.

     Il accompagne parfaitement les plats de viande, comme le bœuf bourguignon, le rôti de sanglier. Prix -50€