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  • Le vignoble français de demain : climat, bio et vins nature

    Le vignoble français de demain : climat, bio et vins nature

    🇫🇷 Série · La Trinité Viticole · Article 13/15 · France · ⏱ 5 min

    Trois pays, douze articles, quinze semaines de La Trinité Viticole. Avant d’arriver au dernier chapitre, un retour sur ce que la France a montré. Et un regard vers ce qui l’attend.

    Ce que le vignoble français a d’exceptionnel, c’est sa diversité. Pas seulement en termes de régions ou de cépages, mais dans sa façon de concevoir le vin : comme expression d’un lieu, d’une histoire, d’une personne. L’avenir de ce vignoble se joue aujourd’hui sur trois fronts : le réchauffement climatique, la montée de l’agriculture biologique et le mouvement des vins nature.

    🇰 Ce qu’on retient

    La France a profondément façonné la culture moderne du vin. Le concept de terroir, la hiérarchie des appellations, les grands modèles d’assemblage, l’élevage en fût et la valorisation de cépages emblématiques ont largement contribué à son influence mondiale.

    Ce que la série aura montré : la France est plus diverse que ses grands noms ne le laissent croire. Au-delà de Bordeaux, Bourgogne et Champagne, des régions entières travaillent dans une relative discrétion, avec des cépages qu’on ne trouve nulle part ailleurs et des vins qui se vendent encore à des prix honnêtes.

    Jura, Savoie, Beaujolais des crus, Grand Sud-Ouest, Corse, Loire secrète, Moselle française : autant de territoires qui prouvent que la France viticole est encore loin d’avoir tout révélé. Et derrière chaque appellation, des artisans qui font ce métier de façon entièrement indépendante, souvent depuis plusieurs générations.

    🌡️ Le réchauffement climatique : une réalité région par région

    En Alsace, les vendanges ont été avancées de plus de trois semaines au cours des dernières décennies. En Champagne, préserver l’acidité et la fraîcheur qui participent à l’identité des vins devient plus complexe dans un climat qui se réchauffe. Dans le Languedoc, les épisodes de forte chaleur peuvent conduire à des maturités élevées et à des degrés alcooliques importants.

    Les réponses sont diverses. Plantation de cépages plus tardifs. Remontée vers des altitudes plus élevées. Réhabilitation de cépages locaux oubliés, mieux adaptés aux conditions actuelles. L’irrigation, longtemps très encadrée dans les appellations françaises, peut être autorisée dans certaines situations et fait aujourd’hui l’objet de nouvelles réflexions réglementaires.

    Le paradoxe : certaines régions qui étaient jadis trop froides pour produire des vins de qualité en bénéficient aujourd’hui. Moselle française, Auvergne, Haute-Savoie : des terroirs qui gagnent en potentiel au moment même où leurs voisins plus méridionaux cherchent à préserver leur fraîcheur.

    🌿 L’agriculture biologique : une mutation silencieuse

    La France est devenue l’un des premiers vignobles biologiques d’Europe. En 2023, environ 22 % du vignoble français était conduit en agriculture biologique, certification ou conversion comprise. Plus de 131 000 hectares étaient déjà certifiés bio. La progression est spectaculaire.

    Derrière ce chiffre, une réalité diverse. Certains producteurs sont en bio depuis les années 1980, souvent dans les régions pionnières : Alsace, Loire, Roussillon, Languedoc. D’autres ont converti plus récemment, poussés par la demande ou par conviction.

    La biodynamie, démarche distincte de l’agriculture biologique et généralement plus contraignante dans ses pratiques, progresse également. En Bourgogne, en Alsace et en Champagne, des maisons emblématiques travaillent en biodynamie depuis des décennies. Ces pratiques sont souvent invisibles sur les étiquettes, mais bien réelles dans les caves.

    🍷 Les vins nature : entre Paris et le reste du monde

    Le mouvement des vins nature s’est particulièrement structuré en France à partir des années 1980-90, notamment en Beaujolais et dans la Loire, autour de vignerons comme Marcel Lapierre, Jo Pithon, Pierre Overnoy ou Nicolas Joly.

    Il n’existe pas de définition officielle unique du « vin nature ». Le terme désigne généralement une philosophie de production recherchant une intervention minimale, aussi bien à la vigne qu’au chai : raisins issus de pratiques agricoles peu interventionnistes, fermentations spontanées, limitation des intrants œnologiques et usage réduit du soufre selon les producteurs.

    Aujourd’hui, le mouvement est mondial, mais la France en reste l’épicentre symbolique. Paris est devenue l’une des grandes capitales mondiales du vin nature, avec une concentration remarquable de cavistes, bars à vins et restaurants spécialisés

    Ce qui était marginal dans les années 1990 est devenu, trente ans plus tard, une tendance de fond qui influence même les producteurs les plus conventionnels.


    Ce que la série aura montré

    La richesse du vignoble français ne tient pas aux grands noms. Elle tient à la densité de son tissu artisanal. Des milliers de petits producteurs, des dizaines de régions méconnues, des centaines de cépages locaux.

    L’avenir ne dépend pas d’un grand plan. Il se construit parcelle par parcelle, famille par famille, vendange après vendange.

    La France n’a pas épuisé ses surprises. Elle a juste besoin qu’on continue de les chercher.

  • Syrah, Grenache, Chenin : les cépages qui racontent la France

    Syrah, Grenache, Chenin : les cépages qui racontent la France

    🇫🇷 Série · La Trinité Viticole · Article 7/15 · France

    ⏱ 5 min

    En France, les cépages ne sont pas de simples variétés de raisin. Ce sont des personnages, chacun avec son caractère, ses terres de prédilection, ses déclinaisons infinies selon le sol et la main du vigneron. Syrah, Grenache, Chenin Blanc, Pinot Noir, Chardonnay, Riesling, Gamay… chacun de ces noms raconte un sol, un climat, une tradition viticole. Et ensemble, ils forment une palette que nulle autre nation ne peut égaler.

    🍇 Cépages explorés dans cet article

    Pinot Noir · Chardonnay · Cabernet Sauvignon & Merlot · Syrah · Grenache · Chenin Blanc · Riesling · Gamay

    🔴 Pinot Noir — l’âme de la Bourgogne

    Le Pinot Noir est peut-être le cépage le plus difficile à maîtriser au monde — et le plus fascinant. Fine peau, tanins légers, grande sensibilité au terroir : il exprime avec une remarquable précision les différences entre des parcelles parfois séparées de quelques dizaines de mètres. En Bourgogne, il donne des vins d’une finesse, d’une élégance et d’une complexité aromatique (cerise, framboise, fleurs, sous-bois, tabac avec l’âge) qui ont forgé sa réputation mondiale. Mais le Pinot Noir bourguignon ne se résume pas aux grands crus inaccessibles : un Bourgogne villages ou un Côte de Nuits-Villages de vigneron artisanal entre 18 et 30 € peut livrer une expérience remarquable. Il s’épanouit aussi en Alsace, en Champagne et en Savoie.

    🟡 Chardonnay — le blanc de tous les terroirs

    Le Chardonnay est aujourd’hui le cépage blanc le plus planté au monde et l’un des plus connus, mais c’est en Bourgogne qu’il atteint son expression la plus haute. De la Côte de Beaune (Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet) au Chablis tendu et minéral, du Mâcon-Villages fruité et abordable au Champagne où il constitue la base des Blancs de Blancs, le Chardonnay couvre un spectre de styles vertigineux. Sa discrétion de départ en fait un cépage-caméléon : il prend l’empreinte du terroir et du vinificateur avec une fidélité remarquable. Un Chablis Premier Cru ou un Mâcon-Uchizy de producteur artisanal entre 12 et 22 € — des vins de grande classe à prix raisonnables.

    🔴 Cabernet Sauvignon & Merlot — le tandem bordelais

    À Bordeaux, on n’assemble pas par hasard. Le Cabernet Sauvignon — structure, tanins fermes, longévité, cassis, cèdre — et le Merlot — rondeur, fruits rouges mûrs, accessibilité plus précoce — se complètent avec une logique qui a défini le style du « grand vin » pour le monde entier. La rive gauche (Médoc, Graves) privilégie le Cabernet Sauvignon sur ses graves bien drainantes. La rive droite (Saint-Émilion, Pomerol) favorise le Merlot sur ses argiles fraîches. Le vrai secret : des centaines de propriétés artisanales produisent des bordeaux d’une qualité croissante à 10–18 €, souvent issus de vieilles vignes sur des terroirs remarquables.

    🔴 Syrah — la noblesse du Rhône septentrional

    Sur les granites escarpés de la Côte-Rôtie, de l’Hermitage ou de Cornas, la Syrah atteint un niveau d’expression que peu de cépages au monde peuvent égaler : violette, olive noire, poivre blanc, fumée, cuir, réglisse… des vins d’une puissance et d’une profondeur saisissantes, capables de vieillir 20 à 30 ans. Ce qui rend la Syrah rhodanienne unique, une longue histoire viticole, un climat marqué et des terroirs granitiques particulièrement exigeants. Dans les Crozes-Hermitage ou les Saint-Joseph — voisins plus accessibles — des Syrah remarquables se trouvent entre 12 et 20 €. Elle gagne aussi le Languedoc et la Provence, avec des expressions plus souples et fruitées.

    🔴 Grenache — la générosité du grand Sud

    Originaire d’Espagne (Garnacha), naturalisé français dans le Rhône méridional et le Languedoc, le Grenache est le cépage-soleil. Il trouve à Châteauneuf-du-Pape, sur les terrasses de galets roulés, l’une de ses expressions françaises les plus emblématiques, où il produit des vins d’une générosité, d’une chaleur et d’une complexité épicée remarquables. Mais on le retrouve partout dans le sud de la France : en rosé en Provence, en vin doux naturel (Banyuls, Maury, Rasteau), en Languedoc où de vieilles vignes centenaires donnent souvent les meilleurs rapports qualité/prix du pays. Un Rasteau ou un Gigondas d’un vigneron artisanal à 12–18 € : la générosité du midi à un prix honnête.

    🟡 Chenin Blanc — le caméléon de la Loire

    Le Chenin Blanc est peut-être l’un des cépages blancs les plus polyvalents de France. Depuis les bords de la Loire, il donne des vins secs d’une tension et d’une minéralité saisissantes (Savennières), des demi-secs frais et complexes (Vouvray), des moelleux d’une richesse aromatique étonnante (Coteaux du Layon, Bonnezeaux) et des pétillants remarquables (Vouvray pétillant, Crémant de Loire). Sa haute acidité naturelle lui permet de vieillir 30, 40, voire 50 ans tout en gardant une fraîcheur intacte. Un Vouvray sec ou un Anjou blanc de vigneron entre 10 et 16 € peut se révéler d’une complexité étonnante avec quelques années de cave.

    🟡 Riesling & Gewurztraminer — deux des grands cépages alsaciens

    L’Alsace a la particularité d’afficher le nom du cépage sur l’étiquette, et deux d’entre eux dominent. Le Riesling — minéral, tendu, agrumes, notes pétrolées avec l’âge — est l’un des plus grands blancs secs de France, capable d’une longévité exceptionnelle sur les grands terroirs de la route des vins. Le Gewurztraminer, à l’opposé, est flamboyant et opulent : rose, litchi, épices, gingembre. Les deux peuvent aller du sec aux vendanges tardives, jusqu’aux Sélections de Grains Nobles, équivalents des plus grands liquoreux du monde. Des vins d’exception souvent sous-évalués par rapport à leur niveau de qualité.

    🔴 Gamay — le mal-aimé qui prend sa revanche

    Longtemps cantonné à l’image du Beaujolais Nouveau, le Gamay est aujourd’hui au cœur d’un engouement mondial pour les vins légers, frais et digestes. Sur les granites du Beaujolais, il donne les 10 crus explorés dans l’article précédent. Mais le Gamay pousse aussi en Touraine (Touraine Gamay, frais et fruité), en Auvergne (Côtes d’Auvergne, souvent remarquables à moins de 10 €), en Savoie. Une nouvelle génération de vignerons le vinifie avec une finesse renouvelée, en explorant des extractions plus douces et des élevages parfois plus précis, révélant un cépage capable d’une vraie profondeur.


    Les inimitables — ce que ces cépages ont en commun

    Ce qui distingue une grande partie des cépages français, y compris certains devenus internationaux comme le Chardonnay, le Cabernet Sauvignon ou le Merlot, c’est leur capacité à produire des expressions profondément différentes selon les territoires. Le Savagnin du Jura, la Mondeuse de Savoie, le Romorantin de la Loire, le Nielluccio corse, le Mourvèdre de Bandol : des cépages que l’on ne peut reproduire nulle part ailleurs avec les mêmes résultats. C’est cette irréductible spécificité — cépage × terroir × tradition — qui fait de la France un pays viticole unique. Non parce que ses vins seraient systématiquement les meilleurs du monde, mais parce qu’ils sont irremplaçables.

    Un cépage ne ment pas. Il raconte le sol qui l’a vu naître — si le vigneron sait l’écouter.

  • Le panorama viticole français : 16 régions, une seule obsession

    Le panorama viticole français : 16 régions, une seule obsession

    🇫🇷 Série · La Trinité Viticole · Article 1/15 · France

    ⏱ 5 min

    La France produit du vin depuis plus de 2 600 ans. Ce n’est pourtant pas l’ancienneté qui la rend unique — c’est la diversité.

    De l’Alsace à la Corse, de la Champagne à la Moselle, en passant par Bordeaux, la Bourgogne, le Beaujolais, le Jura, la Savoie-Bugey, le Val de Loire, le Sud-Ouest, la vallée du Rhône, la Provence, le Languedoc et le Roussillon, la France offre l’un des patrimoines viticoles les plus riches et les plus diversifiés au monde.

    La France compte traditionnellement 13 grandes régions viticoles, même si certaines classifications en distinguent davantage. Avec près de 360 Appellations d’origine Protégées (AOP), des milliers de vignerons : chaque coin de l’Hexagone a développé ses propres cépages, ses propres styles, sa propre identité. Un tour d’horizon d’un vignoble sans équivalent au monde.

    16

    régions viticoles

    360+

    AOC / AOP

    ~200

    cépages cultivés

    ~60 000

    Exploitations viticoles

    La géographie comme premier cépage

    Avant de parler de Merlot ou de Pinot Noir, il faut parler de géographie. La carte viticole française suit avant tout le climat : à l’Ouest, les influences atlantiques façonnent des vins frais et fruités. Au Centre, le continental apporte tension et minéralité. Au Sud, la Méditerranée donne soleil et puissance. À l’Est, les reliefs créent des micro-conditions uniques. Et partout, le sol — calcaire, granite, schiste, argile, silex — imprime sa signature dans chaque bouteille. C’est ça, le terroir : pas un mot de marketing, mais un concept réellement intraduisible que la France a offert au monde.

    🌊 L’Ouest atlantique : Bordeaux, Loire, Sud-Ouest

    Bordeaux est le nom le plus exporté du vin français — ses assemblages de Merlot et Cabernet Sauvignon ont défini le style « grand vin » pour une génération entière. Mais derrière les châteaux célèbres, des centaines de propriétés familiales produisent des vins remarquables à 10–20 €. Le Bordeaux générique signe un comeback qualitatif discret mais réel, porté notamment par une nouvelle génération de vignerons et une baisse volontaire des rendements. La Loire (300 km de vignes !) est la région de la diversité : Muscadet sur lie, Sancerre au silex, Chinon au tuffeau, Vouvray au Chenin moelleux — autant de visages pour un seul fleuve. Le Sud-Ouest, grand oublié, est pourtant un trésor : Cahors et son Malbec d’origine, Madiran et son Tannat de caractère, Jurançon et ses Blancs liquoreux d’exception — des vins de vignerons, à prix très sages.

    ☀️ Le couloir du Soleil : Rhône, Languedoc, Provence, Corse

    La vallée du Rhône change de personnalité du nord au sud : au nord, la Syrah sur granites escarpés de Côte-Rôtie et d’Hermitage donne des vins d’une profondeur et d’une tension rares. Au sud, les galets roulés de Châteauneuf-du-Pape accueillent le Grenache dans toute sa générosité. Entre les deux, les Crozes-Hermitage et Côtes-du-Rhône villages offrent une qualité croissante à des prix accessibles. Le Languedoc-Roussillon, plus vaste vignoble de France en superficie, est celui qui a le plus progressé en 20 ans : Minervois, Saint-Chinian, Pic Saint-Loup, Corbières offrent des vins de terroir parmi les plus accessibles du pays. La Provence a conquis le monde avec son rosé. La Corse, avec ses cépages endémiques (Nielluccio, Sciacarello), surprend tous ceux qui s’y aventurent.

    🗺️ Le cœur continental : Bourgogne, Beaujolais, Jura, Savoie

    La Bourgogne est l’autre capitale mondiale — pour des raisons opposées à Bordeaux. Ici, pas d’assemblage : un cépage (Pinot Noir ou Chardonnay), un terroir (le climat), une interprétation du terroir. Les grands Bourgognes atteignent une précision et une élégance qui restent sans égales. Mais les Bourgognes régionaux ou villages, souvent sous-estimés, sont parmi les meilleures affaires de France. Le Beaujolais et son Gamay joyeux, le Jura et ses vins jaunes uniques au monde, la Savoie et ses vins d’altitude : trois petites régions à explorer d’urgence.

    🥂 L’Est et le Nord : Alsace, Champagne, Moselle

    L’Alsace est la seule grande région française où les vins portent le nom du cépage sur l’étiquette — une tradition germanique pleinement assumée. Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris, Muscat : quatre cépages nobles, sur des terroirs d’exception entre Vosges et Rhin, du sec au liquoreux. La Champagne n’a pas besoin de présentation, mais ses vignerons Récoltants-Manipulants (RM), qui élaborent leur propre cuvée sur leur propre domaine, sont peut-être les grandes découvertes de ces dernières années : de petites maisons de 4 à 10 ha, des identités saisissantes, loin des grandes marques. La Moselle française, petite enclave lorraine, complète le tableau avec ses vins blancs secs et gris sur calcaires. Portée par une nouvelle génération de vignerons ambitieux et exigeants, elle s’impose progressivement comme l’un des vignobles émergents les plus prometteurs de France. Si elle reste encore méconnue du grand public, ses cuvées trouvent déjà leur place sur les cartes de nombreux restaurants du Grand Est, portées par des sommeliers en quête de terroirs authentiques et de nouvelles signatures


    360+ AOC : une garantie d’origine sans équivalent

    Avec plus de 360 Appellations d’Origine Protégée, la France a construit le système de certification viticole dans lequel Peu de pays poussent aussi loin le niveau de précision parcellaire et réglementaire. Chaque AOC définit des règles précises : cépages autorisés, rendements maximaux, méthodes de culture et de vinification. Ce n’est pas une garantie absolue de qualité pour chaque bouteille individuelle — mais c’est une garantie de typicité et d’origine qu’aucune autre nation ne peut égaler à cette échelle. Quand vous achetez un Sancerre, vous savez que c’est du Sauvignon Blanc, produit sur des terroirs de silex et d’argile, dans un périmètre défini à la parcelle. Cette traçabilité n’existe nulle part ailleurs dans le monde du vin.

    La France ne produit pas du vin. Elle produit des territoires en bouteille.

    Et maintenant ?

    Ce panorama n’est qu’une porte d’entrée. Dans les semaines qui viennent : les régions méconnues qui surprennent les meilleurs sommeliers (lundi prochain), les cépages emblématiques qui définissent l’identité française, les vignerons artisanaux qui en sont l’âme, et notre sélection de 5 bouteilles sous 15 € qui prouvent que l’excellence n’est pas réservée aux grands budgets.

    Mercredi, direction l’Italie — pays aux 500 cépages. Vendredi, l’Espagne et sa révolution viticole tranquille.

  • Cabernet Sauvignon : le cépage roi — Pourquoi domine-t-il le monde ?

    Cabernet Sauvignon : le cépage roi — Pourquoi domine-t-il le monde ?

    📚 Cépages du Monde · Épisode 1  |  ⏱ Temps de lecture : 7 minutes

    Chaque année, des millions de bouteilles de Cabernet Sauvignon s’ouvrent aux quatre coins du monde. Des grands crus de Bordeaux aux domaines californiens, des vignobles chiliens aux terroirs australiens, rares sont les cépages qui ont conquis autant de territoires tout en conservant une identité aussi reconnaissable. Robuste, taillé pour la garde et capable de produire certains des plus grands vins de la planète, le Cabernet Sauvignon s’est imposé comme le roi des cépages rouges.

    Pour ce premier épisode de notre série Cépages du Monde, décryptage d’une domination mondiale qui dure depuis plus de trois siècles.


    Un accident de la nature devenu star mondiale

    Le Cabernet Sauvignon n’a pas été créé par un vigneron visionnaire ni sélectionné en laboratoire. Il est né d’un hasard botanique. Probablement au XVIIᵉ siècle, dans le Bordelais, deux cépages poussant à proximité se sont croisés naturellement : le Cabernet Franc, déjà bien implanté dans le Sud-Ouest, et le Sauvignon Blanc, célèbre pour son expression aromatique. De cette rencontre est née une variété vigoureuse, tardive et particulièrement riche en tanins.

    Pendant longtemps, cette origine n’était qu’une hypothèse transmise de génération en génération.

    🔬 La Science derrière le cépage

    En 1996, une équipe de généticiens de l’Université de Californie à Davis, dirigée par John Bowers et Carole Meredith, a confirmé scientifiquement la parenté du Cabernet Sauvignon grâce à l’analyse ADN. Cette découverte explique pourquoi le cépage hérite de la structure du Cabernet Franc tout en présentant des composés aromatiques spécifiques : les méthoxypyrazines, responsables des notes de poivron vert lors des récoltes précoces. La biologie moléculaire au service de la sommelerie.

    De Bordeaux à Napa : un cépage qui voyage remarquablement

    Le Bordelais constitue le berceau historique du Cabernet Sauvignon. C’est dans le Médoc qu’il a trouvé son expression la plus emblématique. Les sols de graves, constitués de galets déposés par la Garonne au Quaternaire, assurent un drainage exceptionnel. La vigne plonge profondément ses racines, favorisant une maturation lente et une concentration remarquable des tanins et des arômes. C’est cette combinaison qui a façonné la réputation de Pauillac, Margaux et Saint-Julien.

    Son extraordinaire capacité d’adaptation est l’une de ses grandes forces. Quatre expressions majeures illustrent cette plasticité :

    • 🇫🇷 Médoc, Bordeaux — finesse et élevage lent, assemblage avec Merlot et Cabernet Franc, complexité qui se révèle avec les années
    • 🇺🇸 Napa Valley (Rutherford, Oakville) — vins plus généreux et solaires, structure puissante, maturité de fruit prononcée
    • 🇨🇱 Vallée du Maipo, Chili — expression fraîche, notes mentholées caractéristiques, signature des fortes amplitudes thermiques
    • 🇦🇺 Coonawarra, Australieterra rossa (argile rouge sur calcaire), vins denses, épicés et d’une remarquable longévité
    Carte des principaux vignobles de Cabernet Sauvignon dans le monde ✦ VITICULTURE MONDIALE ✦ Carte des principaux vignobles de Cabernet Sauvignon dans le monde Les 4 grands terroirs mondiaux · Ancien & Nouveau Monde Bordeaux — Médoc · Pauillac (France) Bordeaux France Ribera del Duero — Castille-et-León (Espagne) Ribera del Duero Espagne Toscane — Bolgheri · Super Toscans (Italie) Toscane Italie Napa Valley — Oakville · Rutherford (Californie, USA) Napa Valley Californie, USA Washington State — Columbia Valley (USA) Washington State USA Maipo Valley — Puente Alto (Chili) Maipo Valley Chili Mendoza — Luján de Cuyo (Argentine) Mendoza Argentine Coonawarra — Terra Rossa (Australie) Coonawarra Australie Margaret River — Australie-Occidentale (Australie) Margaret River Australie Stellenbosch — Cap-Occidental (Afrique du Sud) Stellenbosch Afrique du Sud Équateur 50°N 30°N 30°S 50°S Terroir emblématique Vignoble reconnu Europe · Ancien Monde Bordeaux · Ribera del Duero · Toscane Amérique du Nord Napa Valley · Washington State Amérique du Sud Maipo Valley · Mendoza Hémisphère Sud Coonawarra · Margaret River · Stellenbosch Le Cabernet Sauvignon s’épanouit entre 30° et 50° de latitude Nord et Sud · wineandtech.fr
    Carte des principaux vignobles de Cabernet Sauvignon dans le monde — wineandtech.fr

    Les vins qui ont construit sa légende

    Impossible d’évoquer le Cabernet Sauvignon sans mentionner les vins qui ont forgé sa réputation mondiale :

    • 🇫🇷 Château Latour & Château Mouton Rothschild — la puissance maîtrisée du Médoc, des vins capables d’évoluer pendant plusieurs décennies
    • 🇺🇸 Opus One (1979, Robert Mondavi × Baron Philippe de Rothschild) — la démonstration que le Nouveau Monde peut rivaliser avec les plus grands crus bordelais
    • 🇨🇱 Almaviva — la réussite de l’alliance entre savoir-faire bordelais et terroirs andins
    • 🇦🇺 Penfolds Bin 707 — la référence australienne, intensité, richesse aromatique et immense potentiel de garde

    Un style, mille visages

    En dégustation, le Cabernet Sauvignon se reconnaît à sa structure tannique affirmée et ses arômes de cassis, mûre et fruits noirs. Selon le climat et le niveau de maturité, des notes de cèdre, graphite, tabac, poivron, eucalyptus ou menthe peuvent enrichir sa palette aromatique.

    À Bordeaux, il entre généralement dans des assemblages avec le Merlot, le Cabernet Franc ou le Petit Verdot. Sous des climats plus chauds — Californie, Australie — il est plus fréquemment élaboré en monocépage : les vins gagnent alors en ampleur, en maturité de fruit et en richesse, avec un élevage sous bois souvent plus marqué.

    🍷 Note de dégustation type

    💃 Robe : Rouge profond, reflets pourpres dans la jeunesse, brique à l’évolution
    👃 Nez : Cassis, mûre, prune · cèdre, graphite, tabac, cuir à maturité
    👄 Bouche : Tanins fermes et soyeux, belle acidité, finale longue et persistante
    🍽️ Accords : Agneau rôti, côte de bœuf, fromages affinés, plats en sauce

    Le Cabernet Sauvignon face au changement climatique

    Longtemps considéré comme un allié naturel du réchauffement climatique en raison de sa maturation tardive, le Cabernet Sauvignon voit aujourd’hui son équilibre évoluer. Les vendanges de plus en plus précoces entraînent une augmentation du degré d’alcool et une diminution progressive de l’acidité. Dans les millésimes les plus chauds, cette évolution peut réduire la fraîcheur qui fait une partie de son identité.

    Face à ces nouvelles conditions, les vignerons adaptent leurs pratiques : rééquilibrage des assemblages, recherche de parcelles plus fraîches, expérimentation des nouveaux cépages autorisés par l’INAO. Parallèlement, le Cabernet Sauvignon conquiert de nouveaux territoires — sud de l’Angleterre, Colombie-Britannique, vignobles d’altitude en Argentine et au Chili. Sa géographie mondiale est en pleine mutation.

    Vendanges au couché du soleil, adaptation au changement climatique viticole (Kent Porter / The Press Democrat)

    Pourquoi il reste indétrônable

    Résistant, adaptable, aussi à l’aise en assemblage qu’en monocépage, doté d’un potentiel de garde exceptionnel et capable d’exprimer avec précision la personnalité d’un terroir : le Cabernet Sauvignon réunit toutes les qualités qui expliquent son succès. Il demeure aujourd’hui le cépage rouge le plus planté au monde, devant le Merlot et la Syrah.

    De Bordeaux à Coonawarra, en passant par Napa et le Maipo, il continue d’écrire l’histoire d’un hasard botanique devenu l’un des plus grands ambassadeurs du vin mondial.

    📌 À retenir

    • Né d’un croisement naturel Cabernet Franc × Sauvignon Blanc (XVIIᵉ siècle, Bordelais)
    • Parenté confirmée par analyse ADN en 1996 — Université de Californie à Davis
    • Cépage rouge #1 mondial en surface plantée
    • 4 expressions majeures : Bordeaux · Napa Valley · Chili · Australie
    • Structure tannique élevée → idéal pour la garde (10 à 30 ans et plus)
    • En mutation face au changement climatique

    ➡️ Prochain épisode — 1ᵉʳ septembre

    Son identité aromatique est étonnamment discrète. C’est précisément ce qui lui permet de révéler avec une rare fidélité les terroirs dont il est issu. Minéral à Chablis, riche en Californie, tendu en Champagne ou complexe en Bourgogne, il change de visage sans jamais perdre son élégance.

    Cap sur le Chardonnay : comment un cépage aussi polyvalent est-il devenu le blanc le plus planté au monde ?

  • La robotique au service de la viticulture

    La robotique au service de la viticulture

    L’usage de la robotique dans les vignes connaît une croissance rapide, transformant profondément les pratiques viticoles grâce à l’automatisation, la précision des capteurs embarqués et l’analyse de données en temps réel. Voici un aperçu des principales applications technologiques et des bénéfices concrets qu’apportent ces innovations.

    🔧 Applications de la Robotique en Viticulture

    Désherbage et Entretien du Sol

    Les robots autonomes comme le Naïo Oz ou le Ted de Naïo Technologies sont conçus pour entretenir le sol sans intervention humaine continue. Équipés de lidars, caméras RGB et de GPS RTK (Real-Time Kinematic), ces robots naviguent entre les rangs avec une précision centimétrique.

    Ils exécutent des tâches telles que le binage, la tonte ou l’application localisée de produits phytosanitaires avec des bras mécaniques contrôlés par des algorithmes de vision par ordinateur. Résultat : une réduction de l’usage d’herbicides jusqu’à 80 % et un sol aéré mécaniquement, sans recours aux produits chimiques.

    Transport de Charges Lourdes

    Des plateformes robotiques telles que le robot Bakus de Vitibot ou Carré Anatis sont capables de transporter des caisses de raisins, évacuer les sarments ou suivre automatiquement un opérateur à l’aide de systèmes de suivi visuel ou de balises UWB (Ultra Wide Band).

    Certains modèles peuvent planifier un itinéraire de retour en autonomie ou se connecter à un logiciel de gestion parcellaire pour synchroniser les opérations de logistique pendant les vendanges.

    Surveillance de l’État Sanitaire des Vignes

    Des robots dotés de caméras multispectrales, capteurs infrarouges et intelligence artificielle embarquée peuvent détecter des signes précoces de stress hydrique, maladies (comme le mildiou ou l’oïdium) ou infestations parasitaires.

    Par exemple, le projet VineScout en Espagne a développé un robot capable de mesurer en temps réel la température des feuilles et l’humidité du sol, puis de générer une carte de vigilance à l’échelle de la parcelle. Ces données sont ensuite intégrées dans des systèmes de décision agronomique (DSS) pour des interventions localisées et efficaces.

    ✅ Avantages Technologiques de la Robotique Viticole

    Réduction de la pénibilité : Les robots prennent en charge des tâches exigeantes physiquement, notamment dans des terrains accidentés ou des conditions climatiques difficiles.

    Gain de précision : Grâce à l’usage de l’IA, de la cartographie 3D et des données GPS ultra précises, les interventions sont ciblées, limitant les pertes et améliorant la qualité du raisin.

    Optimisation des ressources : L’automatisation permet une gestion économe en eau, carburant et intrants chimiques, alignée avec les objectifs de viticulture durable.

    Collecte et exploitation des données : La robotique est un vecteur d’agriculture de précision. Chaque passage est une source de données utiles pour affiner les pratiques culturales et anticiper les risques.

    🚧 Défis et Perspectives d’Avenir

    L’adoption de ces robots soulève des enjeux économiques (coût d’acquisition élevé), techniques (adaptation au terrain, autonomie énergétique), et réglementaires (sécurité, homologation CE).

    Cependant, les progrès en robotique mobile, les batteries longue durée, et l’intégration dans des écosystèmes numériques interconnectés (IoT agricole, jumeau numérique de l’exploitation) ouvrent la voie à une viticulture résolument tournée vers l’innovation.

    La robotique, associée à l’IA et à la collecte de données massives, constitue un levier stratégique pour répondre aux défis climatiques et économiques du secteur viticole. À moyen terme, elle pourrait même jouer un rôle clé dans la transition agroécologique.

    Dans ce monde de tradition, où certains précurseurs ont suil est intéressant de voir comment les technologies modernes et analytiques se marieront.

  • 🏺 Le grand retour des amphores dans le monde du vin – entre tradition antique et technologie douce

    🏺 Le grand retour des amphores dans le monde du vin – entre tradition antique et technologie douce

    Une invention millénaire

    Les amphores font partie des plus anciennes inventions de l’humanité en matière de conservation et de transport de liquides. On en retrouve des traces dès le 4e millénaire avant J.-C., notamment en Mésopotamie et en Égypte, mais ce sont surtout les Géorgiens qui ont été les véritables pionniers de l’usage œnologique des amphores.

    En Géorgie, les qvevris, grandes jarres en terre cuite enfouies dans le sol, sont utilisées depuis plus de 8 000 ans pour fermenter, élever et stocker le vin. Cette tradition est tellement enracinée qu’elle a été classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.

    Abandonnées, puis redécouvertes

    Avec le temps, les amphores ont été progressivement remplacées par les barriques en bois, plus pratiques pour le transport et la gestion des volumes. Mais depuis les années 1990-2000, une nouvelle génération de vignerons a commencé à réexplorer cette méthode ancestrale, notamment dans les mouvances du vin nature et de la biodynamie.

    Pourquoi ce retour ? Parce que l’amphore offre des avantages techniques et philosophiques uniques :

    ✨ Micro-oxygénation naturelle sans intervention mécanique 🍇 Neutralité aromatique : aucun arôme boisé, le vin exprime uniquement le fruit et le terroir 🌡️ Bonne inertie thermique : la température varie lentement, ce qui est bénéfique pour la fermentation

    Un usage qui s’étend, même à Bordeaux

    L’amphore n’est plus l’apanage des vignerons marginaux ou « alternatifs ». Elle séduit aujourd’hui des domaines prestigieux, y compris dans des régions traditionnelles, très ancrées dans l’usage de la barrique, comme Bordeaux.

    Par exemple :

    Le Château Pontet-Canet (5e Grand Cru Classé à Pauillac) utilise des amphores en béton ou en argile pour une partie de ses élevages. Château Durfort-Vivens l’intègre dans tous ces vins, pour certain cela représente même 80% de l’élevage en amphore.

    Le Château La Dominique à Saint-Émilion a introduit les amphores pour des micro-vinifications afin de préserver la pureté du fruit. Le Château Le Puy, référence du vin nature bordelais, travaille également avec la terre cuite.

    On les retrouve aussi dans des domaines de la Loire, du Languedoc, du Rhône, en Bourgogne, en Italie (notamment chez COS ou Gravner), en Espagne (tinajas), et bien sûr en Géorgie.

    Pas seulement pour le vin

    L’usage des amphores ne se limite pas à l’univers viticole. On les retrouve également :

    En oléiculture : pour la fermentation ou la conservation de certaines huiles d’olive haut de gamme. Dans la brasserie artisanale : certaines bières de fermentation spontanée sont élevées en amphore. En parfumerie et cosmétique naturelle : pour la macération d’ingrédients sans interaction chimique. En architecture écologique : utilisées comme éléments d’humidification naturelle dans certaines constructions bioclimatiques.

    Une technologie douce au service du vin

    Ce qu’on appelle aujourd’hui « technologie douce » dans le vin, c’est une forme de maîtrise sans artifice, où la forme, le matériau et l’environnement suffisent à influencer positivement l’évolution du vin. Les amphores en sont une parfaite illustration.

    Elles ne sont ni rétrogrades, ni uniquement symboliques : elles offrent une alternative sérieuse à la barrique et à l’inox, notamment pour des vins où l’expression du raisin prime sur le style de l’élevage.

    📌 En résumé

    Les amphores sont l’un des plus anciens outils de vinification, avec 8000 ans d’histoire. Leur retour dans les caves modernes s’inscrit dans une recherche de pureté, d’équilibre et d’authenticité. Elles sont utilisées aujourd’hui par des vignerons innovants… et même par des grands noms bordelais. Plus qu’un effet de mode, elles incarnent une vision durable et artisanale du vin.

  • Château Talbot : La bonne surprise du chef

    Château Talbot : La bonne surprise du chef

    Un repas de famille s’improvise et le maitre des lieux remonte de la cave avec cette bouteille. Il me dit comme si de rien n’était, et si on se goutait celui-là ? Autant vous dire que je suis tombé de ma chaise et qu’il ne fallait pas me répéter deux fois cette phrase.

    A family meal unfolds spontaneously, and the host emerges from the cellar with this bottle. He casually suggests, « Shall we give this one a try? » Let me tell you, I nearly fell off my chair, and there was no need to repeat that phrase.

    Pour ceux qui ne connaisse pas le château Talbot, c’est un domaine viticole situé à Saint-Julien-Beychevelle. Il est classé quatrième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855. 

    Il doit son nom à un chef anglais, John Talbot, qui fut tué lors de la bataille de Castillon en 1453.

    For those unfamiliar with Château Talbot, it is a vineyard located in Saint-Julien-Beychevelle. It holds the rank of fourth growth in the official Bordeaux Wine Classification of 1855. It owes its name to an English commander, John Talbot, who was killed in the Battle of Castillon in 1453.

    Le domaine appartient à la famille Bignon-Cordier, depuis 1918, qui produit des vins de qualité, reconnus pour leur goût unique et leur élégance. Le vignoble s’étend sur 110 hectares, dont 105 ha de cépages rouges (cabernet sauvignon, merlot et petit verdot) et 5 ha de cépages blancs (sauvignon blanc et sémillon).

    Owned by the Bignon-Cordier family since 1918, the estate produces quality wines known for their unique taste and elegance. The vineyard spans 110 hectares, with 105 hectares dedicated to red grape varieties (Cabernet Sauvignon, Merlot, and Petit Verdot) and 5 hectares to white grape varieties (Sauvignon Blanc and Sémillon).

    source : http://www.chateau-talbot.com

    La famille possède actuellement d’autres propriétés comme le Domaine Saint-Andrieu sur les hauteurs de l’arrière-pays provençal et le Château Sénéjac proche du Pian-Médoc

    Le château Talbot propose également une visite de cave, qui permet de découvrir son terroir exceptionnel et son savoir-faire. C’est un lieu chargé d’histoire et de passion, que je vous invite à explorer, surtout quand on voit ces chais pouvant abriter jusqu’à 1800 barriques, c’est monumentale !

    The family also owns other properties, such as Domaine Saint-Andrieu in the hinterland of Provence and Château Sénéjac near Pian-Médoc.

    Château Talbot also offers cellar tours, allowing visitors to discover its exceptional terroir and craftsmanship. It’s a place steeped in history and passion that I invite you to explore, especially when you see these cellars capable of housing up to 1800 barrels; it’s monumental!

    C’est donc un domaine qui allie histoire, tradition et modernité, et qui offre des vins de qualité, reconnus pour leur goût unique et leur élégance.

    Thus, it’s an estate that combines history, tradition, and modernity, offering quality wines recognized for their unique taste and elegance.

    On passe à la discussion de ce millésime 2004 :

    Now, let’s discuss this 2004 vintage:

    Malgré l’excitation du moment, on a pris notre temps avec cette bouteille, on l’a laissé s’adapter à la température de la pièce plusieurs heures. Puis, en le débouchant 2h avant le repas il a pu tranquillement s’imprégner et s’ouvrir lentement. Bref… On a pris soin de ne pas le bousculer.

    De ces 20 ans, il saura vous attirer l’oeil, d’un rouge sombre et profond, on découvrira des tons de bois lasurés, on voit qu’il est prêt à démontrer sa puissance.

    Suite à une petite dance coutumière, il va exprimer des arômes de tabac, mûre, cerise griotte et de réglisse. Le bois des barriques a fait son travail et cet arôme vient englober le tout, de sa présence protectrice.

    En bouche, pas de doute on est sur la marque des grands seigneurs bordelais, le bois est le premier que je distincte, il fait une entrée fracasante. Riche et généreux, la mûre et la cerise enveloppent bient la palais. En final, une très discrète acidité vient équilibrer l’ensemble. Le final, démontre une parfaite maîtrise des hommes mais également le travail précis du temps.

    Malgrès ce savoir-faire indéniable, le prix est assez élevé, autour des 70€ la bouteille pour les millésimes les plus récents.

    Toutefois le domaine produit également un second vin appelé « Connétable Talbot » à moins de 30€, nul de doute qu’il nous fera vibrer autant que le grand-frère, on vous en reparle bientôt. On ne sera pas complet sans vous dire que le Domaine produit également un blanc « Caillou Blanc », vous le trouverez autour des 40€ la bouteille chez votre caviste préféré.

    Despite the excitement of the moment, we took our time with this bottle, letting it adjust to room temperature for several hours. Then, uncorking it two hours before the meal allowed it to slowly imbibe and unfold. In short, we took care not to rush it.

    At 20 years old, it catches your eye with its dark, deep red hue, revealing tones of polished wood, indicating it’s ready to demonstrate its power.

    After a customary swirl, it expresses aromas of tobacco, blackberry, Morello cherry, and licorice. The barrel’s wood has done its job, encompassing everything with its protective presence.

    On the palate, there’s no doubt we’re dealing with Bordeaux’s noblest. Wood is the first thing I notice, making a grand entrance. Rich and generous, blackberry and cherry coat the palate. Towards the finish, a subtle acidity balances everything out. The finale demonstrates perfect mastery of both men and time.

    Despite this undeniable craftsmanship, the price is quite high, around €70 per bottle for the most recent vintages.

    However, the estate also produces a second wine called « Connétable Talbot » for under €30, undoubtedly capable of thrilling us as much as its elder sibling; we’ll talk about it soon. We wouldn’t be complete without mentioning that the estate also produces a white wine « Caillou Blanc, » priced around €40 per bottle at your favorite wine merchant.

  • Château Malmaison : une belle histoire d’amour

    Château Malmaison : une belle histoire d’amour

    Le Château Malmaison est un domaine viticole historique dont les origines remontent au 17e siècle. Il appartient à la famille Rothschild depuis 1978. Le vignoble s’étend sur environ 30 hectares et est planté principalement avec les cépages bordelais classiques tels que le Cabernet Sauvignon, le Merlot, le Cabernet Franc et le Petit Verdot.

    En tant que vin de Moulis, le Château Malmaison est apprécié pour sa qualité et son rapport qualité-prix. Il est recommandé de déguster ces vins après quelques années de vieillissement en bouteille afin de permettre leur pleine expression aromatique et leur intégration des tanins.

    Ce vin est une volonté du Baron, d’exprimer son amour à son épouse, la Baronne Nadine de Rothschild. Passionnée par l’art des jardins, elle y créera un jardin féérique où la rose et le jacaranda jouent les premiers rôles.

    Source texte – Image

    Nous avons eu l’occasion de goûter le millésimé 2014.

    Le nez est très représentatif de ces vins de Moulis, fruit rouge cassis légèrement épicé sur arôme de cuir. C’est beau, agréable et très équilibré. L’épreuve du nez est un succès !

    La robe est élégante d’un rouge rubis, encore une empreinte caractéristique qui annonce et joli vin.

    En bouche il sera ample et généreux, les tanins puissants, mais respectueux des autres arômes, seront bien remplir l’espace mais ils laisseront bois et cassis s’exprimer.

    Encore une épreuve réussie avec une grande élégance.

    Avec une longueur un peu rapide et sans acidité, on s’empresse de le regoûter mais avec une grande modération.

    Ce 2014 est sans aucun doute à boire mais il pourra aussi encore rester quelques temps dans votre cave. Avec un peu plus de 30€ selon les millésimes, ce vin reste exceptionnel avec un rapport qualité/prix intéressant.

  • Le Médoc diversifie son offre et veut rentrer dans le cercle fermé des blancs d’exception

    Le Médoc diversifie son offre et veut rentrer dans le cercle fermé des blancs d’exception

    Route des vins -Médoc

    Les grands crus bordelais ont, depuis quelques temps, décidé de surfer sur la vague des vins blancs. Pourtant le marché est déjà bien fournit :

    Les Pinots blancs et gris, les Gewürztraminer, les Chardonnay, les Chablis, les Sauvignons Blanc, les Auxerrois, la Savoie, la Bourgogne, l’Alsace mais aussi le Jura, la Touraine sans oublier ma Moselle Luxembourgeoise de cœur. Bref vous l’aurez compris difficile de faire sa place dans ces régions et vignobles devenus expert dans la fabrication de ces millésimes éclaircies.

    Néanmoins les Entre-Deux-Mers incontournables sur le bassin d’Arcachon avaient réussi à se démarquer par leur fraîcheur. Associés aux Graves et Pessac-Leognan Blancs, l’offre est séduisante :

    En Pessac-Léognan, le Château Haut-Brion en Graves, et le Château La Mission Haut-Brion en Pessac-Léognan, tout comme le Château Smith Haut Lafitte sont des vins “Signatures” de ces terroirs. Dans la région d’Entre-Deux-Mers, le Château de Chantegrive et le Château Ferran viennent fermer ce défilé prestigieux. Mais cela n’était pas assez pour le Roi Bordelais, il fallait plus.

    Finalement c’est à ses Seigneurs du Médoc que Bordeaux fait appel afin de venir bousculer la hiérarchie et taper un grand coup sur la table !

    Avec une bouteille de -10€ on démarre sur des valeurs sûre:

    Dourthe N1 Sauvignon Blanc

    Ce blanc sec très abordable n’en sera pas moins agréable, centré sur les agrumes.

    Blanc de Maucaillou

    Aussi bon en rouge qu’en blanc Maucaillou délivre avec ce sauvignon blanc à la robe jaune dorée des arômes boisées.

    Blanc de Chasse-Spleen :

    Ce “Blanc de Chasse-Spleen” est un blanc qui s’oriente vers le minéral et les agrumes.

    A plus de 20€ la bouteille c’est un pari osé car c’est une fourchette de prix supérieure qui demande un résultat de qualité, nul doute que Chasse-Spleen en est capable mais la concurrence à ce niveau de prix sera implacable.

    Alto le blanc de Cantenac Brown

    Ce Sauvignon Blanc à 90% se démarque par une robe or particulière. Les arômes fleurs et agrumes seront synonyme de fraîcheur. Avec un prix à plus de 25€, nul doute que là encore la perfection est une obligation.

    Et les grands crus décident de s’exprimer afin de définitivement mettre Bordeaux dans l’élite mondiale des Blancs

    Mouton Rothschild – Aile d’Argents

    Le vin « Aile d’Argent » est le second vin blanc du célèbre Château Mouton Rothschild, l’un des cinq Premiers Grands Crus Classés de Bordeaux. Le Château Mouton Rothschild est principalement connu pour ses vins rouges, mais il produit également ce vin blanc exceptionnel depuis 1991.

    « Aile d’Argent » est élaboré à partir de différents cépages blancs, principalement le Sauvignon Blanc et le Sémillon comme tous les autres, qui proviennent des vignobles situés sur le domaine du Château Mouton Rothschild. Le nom « Aile d’Argent » fait référence aux ailes d’argent qui ornent l’étiquette du Château Mouton Rothschild depuis 1924.

    Il offre souvent des notes de fruits tropicaux, d’agrumes et de fleurs blanches, avec une belle fraîcheur en bouche. Bien que moins célèbre que les vins rouges du Château Mouton Rothschild, « Aile d’Argent” reste un vin d’exception à plus de 120€ la bouteille

    Château Margaux – Pavillon Blanc

    Le « Pavillon Blanc » est élaboré à partir de cépages blancs, principalement le Sauvignon Blanc, avec parfois une petite proportion de Sémillon. Les raisins proviennent de vignes spécialement dédiées à la production de ce vin blanc sur le domaine du Château Margaux. La vinification est réalisée avec le même souci d’excellence et d’attention aux détails que pour les vins rouges du domaine.

    Le résultat est un vin blanc raffiné, élégant et complexe, offrant des arômes subtils de fruits blancs, d’agrumes, de fleurs et parfois de notes minérales. En raison de sa rareté et de la renommée du Château Margaux, le « Pavillon Blanc » est très prisé par les collectionneurs et les connaisseurs de vins fins, il vous sera difficile de le trouver en dessous des 350€

    Château Talbot – Caillou Blanc

    Le « Caillou Blanc de Château Talbot » est élaboré à partir de cépages blancs, principalement le Sauvignon Blanc et le Sémillon, avec parfois une petite proportion de Muscadelle. “Caillou blanc” est élevé en barriques sur ses lies avec bâtonnage à la Bourguignonne, ce qui lui apporte une particularité en bouche favorisant son onctuosité. Il faudra ainsi compter minimum 35€ pour l’avoir en cave.

    Blanc de Lynch-Bages

    Né en 1990, « Blanc de Lynch-Bages » est le fruit de l’assemblage des trois cépages blancs traditionnels de l’appellation Bordeaux, plantés sur quelque huit parcelles du terroir historique de Lynch-Bages.

    Ces lignes sont extraites du lien ci-dessous, je vous laisse compléter votre lecture mais il vous faudra débourser minimum 60€ pour le déguster.

    https://www.lynchbages.mobi/fr/blanc-de-lynch-bages

    Cos d’Estournel Blanc

    En 2005, Cos se lance dans la course aux blancs d’exception, grâce aux fameux cépages emblématiques de Sauvignon Blanc et Sémillion.

    Ce blanc proche des 150€ la bouteille se doit d’être exceptionnel

  • Château Poujeaux 2018

    Château Poujeaux 2018

    Le château Poujeaux est un domaine viticole situé dans l’appellation Moulis-en-Médoc, dans la région bordelaise en France. Il est réputé pour ses vins rouges de grande qualité, principalement à base de cépages Merlot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc et Petit Verdot.

    Cette propriété possède une longue histoire remontant au 16ème siècle, mais sa notoriété en tant que domaine viticole a été solidifiée au cours du 20ème siècle, sous la gestion de la famille Theil. Aujourd’hui, il appartient à la famille Cuvelier, également propriétaire d’autres grands châteaux à Bordeaux.

    Je vous vois déjà me regarder bizarre et je devine vos pensées : « encore un Moulis ! ». Naturellement mon récent passage dans le coin m’a redonné l’occasion de me replonger dans ce terroir qui nous ne lie par le sand. Alors oui un autre Moulis oui mais pas n’importe lequel ! Un Seigneur numéroté 2018 qui affiche une robe rouge sombre et épaisse.

    Un premier nez boisé et légèrement épicé, j’adore j’y suis habitué, je retrouve des sensations habituelles ancrées dans mon subconscient.

    Avec une petite dance, l’alcool vient vous chatouiller le nez, il faut être doux avec ce grand monsieur.

    il n’est pas simple de distinguer les saveurs mais les fruits rouges viennent vite se démarquer

    En bouche, le bois est omniprésent les épices et le cuir c’est un vin généreux et très rond, il est puisant mais on sent une petite retenue une fraîcheur pas désagréable. La longueur en bouche est agréable et persistante on est parti pour un moment on notera un joli goût de caramel sur la longueur.

    Cassis et framboise viennent globalement se distinguer

    Un prix autour des 30€ et on pourra le garder encore un peu 4-5ans sans aucun problème. Il n’en sera que meilleur